Du rouge en vue à Wall Street, l’Europe plombée par la Chine
(Répétition sur la croissance chinoise)
par Claude Chendjou
PARIS (Reuters) – Wall Street est attendue en baisse mardi après un week-end prolongé lié à la célébration du Martin Luther King Day et les Bourses européennes reculent également légèrement à mi-séance après les statistiques économiques chinoises qui montrent notamment un net ralentissement de la croissance du PIB en 2022.
Les contrats à terme à New York suggèrent un repli de 0,20% pour le Dow Jones, de 0,30% pour le Standard & Poor’s 500 et de 0,39% pour le Nasdaq alors que Goldman Sachs et Morgan Stanley doivent publier leurs comptes trimestriels avant l’ouverture de la séance.
À Paris, le CAC 40 fléchit de 0,2% à 7.029,45 vers 11h40 GMT. À Francfort, le Dax abandonne 0,14% et à Londres, le FTSE se contracte de 0,18%.
L’indice paneuropéen FTSEurofirst 300 reflue de 0,15% et l’EuroStoxx 50 de la zone euro de 0,22%. Le Stoxx 600, qui a enregistré quatre séances consécutives dans le vert, perd 0,18% dans un contexte de regain des craintes liées à une récession imminente alors que les grands argentiers mondiaux sont réunis depuis lundi à Davos, en Suisse.
La croissance du produit intérieur brut (PIB) chinois, tombée en 2022 à 3,0%, a été l’une des faibles en près de 50 ans sur fond de restrictions sanitaires et de crise du marché immobilier.
Dans les autres statistiques chinoises, la production industrielle a ralenti à 1,3% sur un an en décembre après une hausse de 2,2% en novembre et les ventes au détail ont, elles, baissé de 1,8% le mois dernier, après -5,9% en novembre.
En Allemagne, la fédération de l’industrie (BDI) a dit mardi s’attendre à une contraction de 0,3% de l’économie du pays cette année, anticipant une poursuite de la crise énergétique.
L’indice ZEW du moral des investisseurs en Allemagne est cependant redevenu positif pour la première fois depuis février, remontant à 16,9 en janvier après -23,3 en décembre, avec l’espoir d’une récession un peu moins sévère que redouté auparavant.
La tendance est également pénalisée par les inquiétudes sur l’inflation. Si la hausse des prix à la consommation en Allemagne a été confirmée en décélération de 9,6% sur un an, ce chiffre reste élevé. Philip Lane, économiste en chef de la Banque centrale européenne (BCE), a estimé mardi que l’institution de Francfort devait continuer à relever ses taux face à l’inflation.
Au Royaume-Uni, la croissance des salaires a enregistré sur les trois mois à fin novembre l’une de ses plus fortes accélérations avec une augmentation en moyenne, hors primes, de 6,4% sur un an. LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
Sur le Stoxx 600 paneuropéen, les secteurs sensibles aux variations sur les taux d’intérêt et ceux exposés à la Chine accusent parmi les plus fortes baisses.
L’indice des nouvelles technologies se contracte de 0,8%, celui de l’automobile de 0,9, tandis que les valeurs du luxe comme Richemont (-1,04%), Kering (-1,23%) ou encore LVMH (-0,30%) sont dans le rouge. La capitalisation boursière de LVMH a cependant dépassé brièvement en séance pour la première fois le seuil des 400 milliards d’euros.
Ocado (-6,54%) pèse sur le Footsie britannique, sa coentreprise de supermarché en ligne avec Marks & Spencer ayant fait état d’un ralentissement de la demande avant Noël en raison de la cherté de la vie.
CHANGES
La livre sterling monte de 0,25% à 1,2227 dollar après les chiffres sur les salaires au Royaume-Uni, une donnée étroitement surveillée par la Banque d’Angleterre (BoE) dans la fixation de ses taux d’intérêt.
La monnaie japonaise, à un sommet de sept mois face à la devise américaine, se traite à 128,9 yens pour un dollar en attendant les conclusions mercredi de la réunion de deux jours de la Banque du Japon (BoJ).
L’euro est quasiment inchangé à 1,0816 dollar, tandis que le billet vert s’apprécie de 0,19% face à un panier de six devises de référence.
TAUX
Les rendements obligataires en Europe varient peu : le dix ans allemand s’affiche à 2,17%, en baisse de deux points de base, contre un creux d’un mois touché jeudi dernier à 2,06%.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries américains à dix ans avance d’environ trois points de base, à 3,54%
PÉTROLE
Les cours pétroliers restent soutenus par l’espoir d’un rebond de la demande en Chine malgré les indicateurs économiques mitigés du jour.
Le Brent avance 0,82% à 85,15 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) grappille 0,09% à 79,93 dollars.
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Kate Entringer)
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