Maroc : l’archevêque de Rabat accusé de violences sexuelles, le Vatican ouvre une enquête
L’Église catholique au Maroc est secouée par une affaire qui prend une dimension internationale. Le cardinal Cristóbal López Romero, archevêque de Rabat depuis 2018, est accusé par plusieurs femmes de violences sexuelles et de comportements jugés déplacés. Le Vatican a confirmé l’ouverture d’une enquête préliminaire, tandis que le prélat a annoncé son retrait temporaire de ses fonctions pastorales.
Les accusations
Selon des témoignages relayés par l’AFP et confirmés par des sources proches du Saint-Siège, au moins cinq femmes affirment avoir subi des gestes déplacés de la part du cardinal. Les faits évoqués concernent des contacts physiques jugés inappropriés, des accolades prolongées et des tentatives de rapprochement. Ces accusations, bien que graves, n’ont pour l’instant donné lieu à aucune plainte officielle devant la justice marocaine.
La réaction du Vatican
Face à la polémique, le Vatican a annoncé l’ouverture d’une enquête interne. Cette procédure vise à établir la véracité des accusations et à déterminer si des sanctions canoniques doivent être prises. Le Saint-Siège insiste sur le respect de la présomption d’innocence, tout en affirmant sa volonté de traiter avec sérieux toute accusation de violences sexuelles au sein de l’Église.
La position du cardinal
Dans un communiqué publié le 7 juillet, Cristóbal López Romero nie les faits qui lui sont reprochés. Il affirme n’avoir jamais eu de comportements contraires à son ministère et demande que la vérité soit établie dans le respect des personnes. Le cardinal appelle à prier « pour les victimes, pour l’Église au Maroc et pour lui-même », tout en annonçant son retrait temporaire des célébrations publiques et des activités pastorales.
Un prélat influent
Âgé de 74 ans, López Romero est une figure importante de l’Église catholique. Espagnol d’origine, il a été nommé archevêque de Rabat en 2018 et créé cardinal par le pape François en 2019. Son engagement en faveur du dialogue interreligieux et de la solidarité avec les migrants lui avait valu une réputation internationale. Certains observateurs le considéraient même comme un « papabile », c’est-à-dire un cardinal pressenti pour succéder au pape François lors du conclave de 2025.
Cette affaire fragilise l’image de l’Église catholique au Maroc, pays à majorité musulmane où la communauté chrétienne reste minoritaire mais reconnue. Elle relance également le débat sur la gestion des abus sexuels au sein de l’Église, un sujet qui a déjà provoqué des crises dans plusieurs pays. Pour les fidèles, la situation est délicate : entre soutien à leur archevêque et inquiétude face aux accusations, l’incertitude domine.
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