Accord des 27 sur plan de relance de l’Union européenne
Les dirigeants des 27 pays membres de l’Union Européenne ont conclu un accord sur un plan de relance massif de l’économie du bloc, affectée par la pandémie de coronavirus, à l’issue d’un sommet marathon de plus de quatre jours à Bruxelles qui s’est conclu mardi à l’aube.
« Accord », a annoncé sur Twitter le président du Conseil européen, Charles Michel, après que les dirigeants des Vingt-Sept se sont réunis en session plénière à 03h15 GMT.
S’exprimant ensuite lors d’une conférence de presse, il a souligné que l’accord envoyait un signal concret que l’Europe était une « force d’action ».
« C’est beaucoup plus qu’une question d’argent. Il s’agit de travailleurs et de familles, de leurs emplois, de leur santé et de leur bien-être. Je pense que cet accord sera considéré comme un moment charnière dans le voyage de l’Europe, mais il nous lancera également dans l’avenir », a dit Charles Michel.
Le président français Emmanuel Macron a décrit ce plan comme véritablement historique et « de nature à répondre aux défis sanitaires, économiques et sociaux qui sont aujourd’hui devant nous dans chacun de nos pays ».
Des représentants ont indiqué que l’accord, survenu après que Michel a présenté un compromis sur le plan de relance de 750 milliards d’euros, est indispensable pour écarter les doutes sur l’avenir même du bloc communautaire.
Le président du Conseil européen a proposé que le fonds de relance soit réparti en 390 milliards d’euros de subventions, contre 500 milliards d’euros initialement, et 360 milliards d’euros de prêts.
Une source diplomatique française avait fait savoir un peu plus tôt que la France devrait toucher près de 40 milliards d’euros.
Le président du Conseil italien, Giuseppe Conte, a déclaré à l’issue du sommet que 28% du fonds de relance serait destiné à l’Italie, avec 81 milliards d’euros de subventions et 127 milliards d’euros de prêts.
« AUCUNE DÉCEPTION »
L’UE a tardé à coordonner sa réponse initiale à la crise sanitaire liée à la pandémie de coronavirus. Déjà affaiblie par la sortie de la Grande-Bretagne, elle devait présenter un front uni sur l’aide économique pour démontrer sa faculté à surmonter une crise.
Mais le tortueux sommet a parfois semblé sur la voie de l’échec, l’Europe étant divisée en deux – entre les pays du Nord et du Sud.
« C’est un signal important, au-delà des frontières de l’Europe, que l’Union européenne, même avec des contextes différents (chez ses Etats membres), est capable d’agir », a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel.
Avec près de 100 heures de négociations, le sommet s’est approché du record de durée de la réunion organisée à Nice en 2000 qui s’était étalée sur près de cinq jours entiers.
Les enjeux du rendez-vous de Bruxelles, qui marquait les retrouvailles physiques des dirigeants des Vingt-Sept depuis le début de la pandémie de coronavirus, étaient élevés alors que l’Europe fait face à sa plus sévère récession depuis la Deuxième Guerre mondiale.
Des diplomates avaient dit craindre qu’une absence d’accord fragilise davantage le bloc et l’expose encore plus aux courants eurosceptique, nationaliste et protectionniste.
Au cours d’un dîner, dimanche, le camp dit des « frugaux » mené par les Pays-Bas a défendu sa préférence pour l’option de prêts remboursables.
Emmanuel Macron a perdu patience aux premières heures de la journée de lundi, a-t-on appris de deux diplomates, tapant du poing sur la table par frustration devant les « blocages stériles » du camp des « frugaux ».
« Je suis heureux de cet accord, je n’y vois aucune déception », a déclaré le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, à l’issue du sommet. « Nous sommes tous des professionnels, nous pouvons encaisser quelques coups », a-t-il ajouté en référence aux âpres négociations.
Pour Macron, l’accord est une « étape majeure » et « historique »
Le président Emmanuel Macron a salué mardi l’aspect « historique » de l’accord sur le budget et le plan de relance européens conclu au bout de quatre jours de discussions à 27 à Bruxelles, parlant d' »étape majeure » dans la construction de l’Union.
« Le plan de relance fondé sur cette solidarité européenne, c’est un changement historique de notre Europe et de notre zone euro. C’est la première fois que mettons en place cette capacité budgétaire commune, à ce niveau-là », a dit Emmanuel Macron lors d’une conférence de presse en visioconférence aux côtés de la chancelière allemande, Angela Merkel.
Sans l’Allemagne et la France ensemble, « rien n’est possible », a expliqué le président français.
« Je suis convaincu que ce plan, ce budget sont de nature à répondre aux défis sanitaires, économiques et sociaux qui sont aujourd’hui devant nous dans chacun de nos pays, et que décider de ne pas y répondre, s’eut été décider de dépenser beaucoup dans quelques mois ou quelques années », a poursuivi le président français.
« Je n’ai aucun esprit chagrin à propos de cet accord », a aussi déclaré Emmanuel Macron, alors que la France a dû faire des concessions, notamment sur le montant des subventions.
« Nous sommes en train de structurer une solidarité commune, de consolider l’euro comme une vraie monnaie internationale », a-t-il aussi considéré.
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