« Le Serpent » Charles Sobhraj rentre en France après sa libération au Népal
KATMANDOU (Reuters) – Le Français Charles Sobhraj, condamné pour meurtres et considéré comme un tueur en série dans les années 1970 en Asie, était en route vers la France vendredi après avoir été libéré de prison au Népal où il a passé quasiment 20 ans en détention.
Charles Sobhraj a quitté le Népal à bord d’un vol régulier à destination de Doha, au Qatar, puis de Paris, a déclaré Katak Rawal, un responsable de l’aéroport de la capitale népalaise Katmandou.
L’ancien détenu fait l’objet d’une interdiction d’entrée sur le territoire népalais pendant dix ans, a précisé un responsable du département de l’Immigration.
Surnommé le « tueur au bikini » en Thaïlande et « le Serpent », Charles Sobhraj, âgé de 78 ans, est soupçonné d’avoir tué plus de vingt jeunes routards occidentaux dans plusieurs pays d’Asie, dans la plupart des cas en empoisonnant leur nourriture ou leur boisson.
Son histoire a inspiré une série coproduite par la BBC et Netflix, intitulée « Le Serpent ».
La Cour suprême du Népal a ordonné mercredi la libération de Charles Sobhraj en invoquant son âge, alors qu’il a effectué 19 des 20 années de prison de sa dernière condamnation.
HAUTE SÉCURITÉ
Après sa libération, Charles Sobhraj a déclaré auprès de l’AFP se sentir « bien ». « J’ai beaucoup à faire. Je dois poursuivre beaucoup de gens en justice. Y compris l’État du Népal », a-t-il dit.
Charles Sobhraj était détenu dans une prison de haute sécurité à Katmandou depuis 2003, date à laquelle il avait été arrêté pour le meurtre de la touriste américaine Connie Jo Bronzich en 1975.
Il a toujours nié le meurtre et ses avocats ont dénoncé une condamnation basée sur des suppositions.
Plusieurs années plus tard, Charles Sobhraj a également été reconnu coupable du meurtre du compagnon canadien de Connie Jo Bronzich, Laurent Carrière.
Il est également soupçonné de nombreux autres meurtres, notamment en Thaïlande, où la police pense qu’il aurait drogué et tué au moins six femmes dans les années 1970. Il avait revêtu sa première victime, la jeune Américaine Teresa Ann Knowlton, d’un bikini et abandonné son corps sur une plage pour faire croire à une noyade accidentelle.
Né à Saïgon, à l’époque en Indochine française, d’une mère vietnamienne et d’un père indien, Charles Sobhraj était marié à l’époque de ses crimes à la canadienne Marie-Andrée Leclerc, décédée en 1984. Il a épousé en 2008 la fille de son avocat népalais, Nihita Biswas, de 44 ans sa cadette.
(Reportage Gopal Sharma à Katmandou, rédigé par Shilpa Jamkhandikar, version française Augustin Turpin et Blandine Hénault, édité par Tangi Salaün)
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