CRISE SECURITAIRE : l’AES appelle les Églises évangéliques à la solidarité envers les PDI
L’Association Évangélique pour la Solidarité (AES) a entrepris une vaste tournée auprès des Églises évangéliques du Burkina Faso. Objectif : présenter sa vision, sensibiliser les fidèles à la situation des personnes déplacées internes (PDI) et susciter un élan de solidarité chrétienne en leur faveur. Pour cette première sortie, la délégation conduite par le frère Albert Thiombiano a été reçue le dimanche 3 mai 2026 à l’Église Évangélique SIM Goudrin. À travers cette initiative, l’AES entend faire de la compassion et de l’assistance aux personnes vulnérables un véritable instrument d’évangélisation et de témoignage chrétien.
« Nous ne sommes pas là en notre propre nom, mais au nom du Seigneur Jésus-Christ », a déclaré d’entrée le président de l’association, Albert Thiombiano, membre de l’Église évangélique de Zogona. À ses côtés, plusieurs responsables issus de différentes assemblées évangéliques, venus exposer la mission de l’Association née en 2022 et officiellement reconnue le 19 mars 2024.
Selon les responsables, la création de la structure répond à la crise humanitaire que traverse le Burkina Faso, marquée par le déplacement de milliers de personnes contraintes de fuir leurs localités à cause de l’insécurité. « Beaucoup vivent dans des conditions extrêmement difficiles : manque d’abris, d’eau potable, de nourriture, de vêtements ou encore de soins sanitaires », a expliqué le président Thiombiano.

Quelques autres membres de l’Association
Face à cette réalité, les membres de l’Association disent avoir été interpellés par l’appel des autorités et surtout par les enseignements bibliques sur la compassion et la solidarité. Plusieurs passages des Écritures ont été cités, notamment Hébreux 13 :16, Galates 6 :10 ou encore Marc 6 :37 où Jésus déclare : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ».
Pour les initiateurs, l’Église ne doit pas seulement prêcher, mais elle doit aussi agir concrètement. « À l’exemple de Jésus-Christ qui enseignait, guérissait et nourrissait les foules, nous voulons apporter ce que nous avons à ceux qui vivent dans la précarité », a souligné Albert Thiombiano.
Des actions concrètes ont déjà été menées sur le terrain. En 2024, l’association a soutenu 20 femmes déplacées internes de l’Église Béthesda de Saaba à travers des microcrédits allant de 25 000 à 100 000 francs CFA pour le développement d’activités génératrices de revenus. Une enveloppe globale de 1 260 000 francs CFA a été mobilisée. Selon les responsables, les résultats enregistrés ont été encourageants, certaines bénéficiaires ayant réalisé des bénéfices journaliers de 3 000 à 4 000 francs CFA.
En 2025 également, l’association est venue en aide à des victimes d’attaques à Diapaga et à Binadéni. Sept personnes, dont un pasteur, ont reçu chacune un sac de riz et une aide financière de 10 000 francs CFA.
Au cours de cette visite, les responsables ont lancé un appel aux fidèles afin qu’ils rejoignent cette œuvre de solidarité chrétienne. Chaque adhérent est invité à soutenir l’Association dans la prière ainsi qu’à travers une contribution mensuelle de 2 000 francs CFA. « Nous ne pourrons peut-être pas atteindre tous les déplacés internes, mais nous pouvons déjà soulager ceux que Dieu met sur notre chemin », a déclaré le premier responsable.

Ouverte à tout chrétien évangélique sans distinction de dénomination, l’Association Évangélique pour la Solidarité ambitionne de devenir un bras social de l’Église à travers des œuvres de compassion en faveur aussi bien des chrétiens que des non-chrétiens. « Par la grâce de Dieu, beaucoup d’entre nous mangent trois fois par jour. Mais n’oublions pas que certains passent la nuit à la belle étoile et n’ont même pas un repas quotidien », a rappelé le président Albert Thiombiano.
Cette visite marque le début d’une tournée dans plusieurs Églises afin de mobiliser davantage de soutiens autour de cette initiative humanitaire et spirituelle.
Pour le Journal Chrétien,
Emmanuel LANKOANDE
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.


