La Bulgarie toujours dans l’incertitude après les législatives anticipées
par Tsvetelia et Tsolova
SOFIA (Reuters) – La formation anti-système du chanteur Stanislav Trifonov était au coude-à-coude avec le parti de centre-droit du Premier ministre sortant Boïko Borissov à l’issue des élections législatives anticipées de dimanche en Bulgarie, selon des sondages sortie des urnes.
L’institut Gallup International crédite de 23% GERB, la formation du dirigeant conservateur, 62 ans, au pouvoir depuis dix ans, juste derrière ITN (« Un tel peuple existe ») de l’animateur de télévision Stanislav Trifonov, « Slavi », 54 ans, qui recueillerait 23,2% des suffrages.
L’institut Alpha Research crédite ITN de 24% et GERB de 23,5%.
Les Bulgares votaient dimanche pour la deuxième fois en trois mois afin de pourvoir les 240 sièges du Parlement.
Arrivé en tête lors du scrutin d’avril (26,2%), Boïko Borissov, confronté en 2020 à des manifestations d’ampleur contre la corruption qui gangrène cet Etat le plus pauvre de l’Union européenne, n’avait pu trouver de partenaire pour former une coalition gouvernementale.
Le gouvernement intérimaire en place depuis avril a accusé l’équipe de Borissov de pratiques illégales.
Selon les observateurs politiques, ses chances de former un gouvernement sont de nouveau très minces.
ITN pourrait bénéficier de l’appui de deux mouvements nés de la fronde de 2020 : « Bulgarie démocratique », classé à droite, et « Debout! Mafia dehors », classé à gauche.
Des semaines de tractations s’annoncent désormais, voire de nouvelles élections.
« Nous allons continuer de travailler pour ce en quoi nous croyons, quel que soit le rôle que les électeurs aient décidé pour nous. Etre dans l’opposition est une façon juste et honorable de défendre ses principes », a commenté Tomislav Donchev, le numéro deux du GERB, concédant sa faible marge de manoeuvre.
Pour le politologue Daniel Smilov, le parti de « Slavi » Trifonov ne disposera pas du nombre de sièges nécessaires pour espérer gouverner sans le soutien des socialistes et du parti de la minorité turque (MRF), des partis traditionnels que désavoue ITN.
(Reportage Tsvetelia Tsolova, version française Sophie Louet)
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