L’Otan prête à négocier sur les missiles, Moscou avertit de dangers
par Robin Emmott, Sabine Siebold et Gabriela Baczynska
BRUXELLES (Reuters) – L’Otan a indiqué mercredi être disposée à mener avec la Russie des discussions sur le contrôle des armements et le déploiement des missiles afin de prévenir tout nouveau conflit en Europe, alors que Moscou a averti que le contexte était « très dangereux » et la marche à suivre incertaine.
Les divergences entre Moscou et les Occidentaux semblent plus grandes que jamais à l’issue de quatre heures de discussions à Bruxelles entre une délégation russe et l’Otan, la deuxième des réunions organisées cette semaine dans l’espoir d’apaiser les tensions provoquées par le déploiement massif de soldats russes à la frontière avec l’Ukraine.
Jens Stoltenberg, le secrétaire général de l’Otan, a fait savoir que celle-ci était disposée à négocier sur les systèmes d’armement mais qu’elle ne permettrait pas à la Russie d’opposer son veto à la volonté de l’Ukraine d’intégrer un jour l’Alliance atlantique – une hypothèse que le Kremlin considère comme une « ligne rouge » et sur laquelle il réclame des garanties.
« Il y a un risque réel de nouveau conflit armé en Europe », a déclaré Jens Stoltenberg lors d’une conférence de presse. « Il y a des divergences significatives entre les alliés de l’Otan et la Russie », a-t-il ajouté. « Ces divergences ne seront pas faciles à aplanir. »
Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Alexandre Grouchko a déclaré que son pays était disposé à mener des discussions sur le déploiement d’armes et des mesures de vérification attenantes, mais qu’il ne permettrait pas que les propositions russes soient choisies à la carte par les Occidentaux.
S’exprimant longuement devant les journalistes, Alexandre Grouchko a expliqué que la Russie ne pouvait prendre au sérieux la position de l’Otan selon laquelle l’Alliance a uniquement un rôle défensif et ne représente aucune menace pour le pays.
« FAILLES »
La Russie, a-t-il ajouté, répondra de manière symétrique à toute tentative de la contenir ou de l’intimider.
« Si des failles dans le système de défense russe sont cherchées, alors il y aura aussi une recherche des failles de l’Otan », a prévenu le diplomate.
« Ce n’est pas notre choix, mais il n’y aura pas d’autre voie si nous ne parvenons pas à inverser le très dangereux cours actuel des événements. »
Par la suite, Alexandre Grouchko a averti que Moscou aurait recours à des moyens militaires pour neutraliser les menaces sécuritaires si la diplomatie venait à s’avérer insuffisante.
D’après l’agence de presse Interfax, le vice-ministre russe de la Défense Alexandre Fomine a déclaré que le fait que l’Otan « ignore » les propositions sécuritaires de la Russie créait un risque d' »incidents et conflits ».
Les discussions menées à Bruxelles, dans la foulée de celles entre représentants américains et russes à Genève, interviennent dans un contexte de tensions sans précédent depuis la Guerre froide.
La Russie a contraint les Occidentaux à négocier sur la sécurité en Europe en massant ces derniers mois quelque 100.000 soldats près de ses frontières avec l’Ukraine, selon les estimations données par Kiev et Washington.
Moscou nie toute volonté d’envahir l’ancienne république soviétique mais réclame des engagements contraignants de la part des Occidentaux pour garantir sa propre sécurité, notamment que l’Otan ne s’élargira pas à l’Est.
« S’AGIT-IL D’INTIMIDATION ? »
Pour les membres de l’Alliance atlantique, les revendications russes, exprimées en décembre dans deux projets de traités, sont inacceptables, notamment lorsqu’il lui est demandé de revenir au niveau d’activité qui était le sien en 1990, lors de la dislocation de l’Union soviétique, et de ne plus accepter de nouveaux membres.
La secrétaire d’Etat adjointe américaine Wendy Sherman a déclaré qu’il était difficile de comprendre pourquoi un pays disposant de l’arme nucléaire se sentait menacé par un voisin nettement moins imposant et menait des exercices militaires près de la frontière ukrainienne.
« S’agit-il d’une invasion ? S’agit-il d’une intimidation ? », a interrogé Wendy Sherman devant les journalistes. « Cela n’est pas propice à obtenir des solutions diplomatiques. »
La Russie n’a pas indiqué qu’elle oeuvrerait à une désescalade, mais n’a pas dit le contraire non plus, a ajouté la diplomate.
En dépit des divergences, Jens Stoltenberg a noté qu’il était positif que les 30 pays de l’Otan et la Russie « s’assoient autour de la même table et discutent de questions importantes ».
Alexandre Grouchko a déclaré ne pas avoir souvenir de discussions aussi franches et directes avec l’Otan. Des progrès sont possibles mais il y a des questions sur lesquelles la Russie ne peut pas faire marche arrière, a dit le haut diplomate.
Il a averti que toute nouvelle aggravation des relations entre Moscou et les Occidentaux pourrait avoir des conséquences imprévisibles pour la sécurité européenne.
De nouvelles discussions sont prévues jeudi dans le cadre de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
(avec Tom Balmforth, Darya Korsunskaya, Andrey Ostroukh et Andrew Osborn à Moscou; version française Nicolas Delame, Jean-Stéphane Brosse et Jean Terzian, édité par Blandine Hénault et Bertrand Boucey)
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