Alix Didier Fils-Aimé: Haïti est trop instable pour accueillir une élection présidentielle en août
Le Premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé a déclaré lundi que la sécurité en Haïti n’était pas suffisante pour organiser des élections en août prochain, alors que le pays le plus peuplé des Caraïbes attend toujours son premier scrutin présidentiel depuis dix ans.
Les élections en Haïti ont été reportées à plusieurs reprises par différents gouvernements, dans un contexte de présence accrue de puissants gangs armés, qui consolident leur emprise à Port-au-Prince et étendent leur influence aux zones rurales et au centre du pays.
Ils sont responsables de la mort milliers de personnes au cours de ces dernières années, également marquées par le déplacement forcé de plus d’un million d’Haïtiens.
« Il est clair que les conditions de sécurité ne sont pas réunies pour que nous puissions organiser des élections en août », a déclaré Alix Didier Fils-Aime au rédacteur en chef du journal haïtien Le Nouvelliste, lors d’une interview sur la radio Magik9.
« Je souhaiterais que les élections aient lieu d’ici la fin de l’année », a-t-il ajouté. « Le 7 février, nous pourrions avoir un président élu. »
Alix Didier Fils-Aime a pris la relève d’un conseil présidentiel de transition le 7 février de cette année, une date charnière pour le transfert du pouvoir en Haïti, bien que celle-ci soit souvent bafouée par des dirigeants cherchant à prolonger leur mandat au gouvernement.
Le dernier président d’Haïti, Jovenel Moïse, a été assassiné en 2021 après avoir reporté l’organisation des élections. Son assassinat a laissé un vide politique dont des gangs déjà puissants ont alors profité pour étendre leur influence sur la quasi-totalité de la capitale.
L’inscription des électeurs aurait dû débuter le 1er avril, et le conseil électoral du pays avait initialement prévu un premier tour le 30 août et un second tour en décembre. Plus de 280 partis politiques avaient été autorisés à se présenter.
« Nous n’allons pas remettre une encyclopédie à la population pour qu’elle fasse son choix », a déclaré Alix Didier Fils-Aime.
« Le choix est une bonne chose, mais trop de choix n’est pas nécessairement ce dont on a besoin. J’aimerais beaucoup que nous ayons des élections avec 10 à 15 candidats à la présidence. »
Il a indiqué que le gouvernement était en pourparlers avec les partis politiques au sujet d’un décret électoral, mais qu’il n’était pas encore satisfait du budget proposé par le conseil pour les élections.
(Rédigé par Harold Isaac et Sarah Morland ; version française Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)
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