France: La LPFP « déjà caduque », la trajectoire pour 2027 « non crédible », selon la Cour des comptes
PARIS (Reuters) – La trajectoire de la loi de programmation des finances publiques (LPFP) françaises pour la période 2023-2027 est « déjà caduque », a déclaré lundi la Cour des comptes, citant la « dégradation très marquée » du déficit public dès l’an dernier et ajoutant que la cible de déficit pour 2027 était « peu crédible ».
Le gouvernement a présenté en avril dernier son programme de stabilité 2024-2027, qui définit la manière dont il entend ramener le déficit public de la France sous le seuil de 3% du produit intérieur brut (PIB) national – une exigence de l’Union européenne. Bercy a retenu une cible de déficit de 2,9% en 2027, avec une dette publique à 112% du PIB en 2027.
Cette trajectoire « apparaît peu crédible et peu réaliste », a jugé la Cour des Comptes dans son rapport annuel sur les finances publiques.
« D’une part, les hypothèses de croissance sont particulièrement optimistes et ne semblent pas tenir compte de l’impact dépressif des hausses de prélèvements obligatoires et de l’effort sans précédent de maîtrise des dépenses publiques annoncés dans le même temps », écrit-elle.
« D’autre part, l’ajustement historique des finances publiques sur la période 2025-2027 n’est quasiment pas documenté, tant en dépenses qu’en recettes », ajoute-t-elle.
La Commission européenne a annoncé le mois dernier l’ouverture d’une procédure pour déficits publics excessifs contre sept pays dont la France.
Bruxelles s’attend à ce que le taux d’endettement de la France, qui a atteint 110,6% du PIB l’an dernier, augmente à 112,4% cette année puis à 113,8% en 2025, alors que la limite fixée par le bloc communautaire est de 60%.
Après 4,8% en 2022, le déficit public de la France a atteint 5,5% du PIB l’an dernier. Le gouvernement prévoit de le réduire, légèrement, à 5,1% cette année.
Dans son rapport, la Cour des comptes souligne que les finances publiques françaises se trouvent « dans une situation inquiétante ».
« A force d’avoir différé de véritables efforts d’ajustement structurel, la dette publique (…) affiche un coût de plus en plus élevé qui (…) expose dangereusement (le pays) en cas de nouveau choc macroéconomique », dit-elle.
La trajectoire pluriannuelle dessinée dans le programme de stabilité du gouvernement « ne dispose plus d’aucune marge de sécurité en cas de non réalisation de certaines hypothèses » et ce « indépendamment des mesures en dépense et en recettes que le nouveau gouvernement pourrait proposer ».
En outre, le programme gouvernemental ne prend pas en compte les questions du changement climatique et de la transition énergétique qui, selon le rapport, « pèseront sur la croissance future et mobiliseront une part croissante de la dépense publique ».
Les agences de notation Moody’s et S&P-Global ont prévenu la semaine dernière de l’impact négatif du résultat des élections législatives anticipées et de l’impasse politique qui s’est dessinée.
« Le prochain gouvernement devra (…) adopter sa propre stratégie pluriannuelle de finances publiques : c’est légitime. Il faudra cependant que la nouvelle trajectoire retenue soit cohérente et crédible – c’est-à-dire qu’elle repose sur des hypothèses réalistes et des économies ou des recettes documentées », a indiqué le premier président de la Cour des Comptes, Pierre Moscovici, dans un entretien aux Echos.
« Quelle que soit l’option retenue à l’issue de la phase de décantation qui s’ouvre dans un Parlement divisé, la nécessité d’améliorer la situation de nos finances publiques s’imposera à tous. Il y a plusieurs façons d’y parvenir, c’est la démocratie, mais cet impératif doit être partagé », ajoute-t-il.
(Rédigé par Camille Raynaud et Jean Terzian, édité par Blandine Hénault)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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