Ukraine: la Russie dit retirer des troupes, l’Otan voit le contraire
par Alexander Marrow et Natalia Zinets
MOSCOU/KIEV (Reuters) – La Russie a affirmé mercredi poursuivre le retrait de troupes des régions frontalières de l’Ukraine mais cette annonce se heurte toujours au scepticisme des pays occidentaux, l’Otan estimant même que davantage d’unités russes sont en route vers la frontière.
Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont dit n’avoir aucune preuve que le dispositif militaire russe s’est allégé, alors qu’en Ukraine, le ministère de la Défense est la cible d’une cyberattaque de grande ampleur depuis mardi. Moscou nie être à l’origine de cette attaque.
Le ministère russe de la Défense a diffusé mercredi une nouvelle vidéo montrant, selon lui, le départ de chars, de véhicules de transport de troupes et de lance-roquettes de la péninsule de Crimée, une région ukrainienne annexée par Moscou en 2014.
Cette annonce russe a été accueillie par les Occidentaux avec la même prudence que la première du genre, mardi, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, soulignant que des mouvements de troupes ne signifient pas qu’elles s’éloignent de la zone frontalière.
« La réalité d’un retrait russe reste à démontrer », a-t-il déclaré à la presse avant le début d’une réunion de deux jours des ministres de la Défense des membres de l’Alliance au siège de l’organisation, à Bruxelles.
« Ce que nous constatons c’est une augmentation du nombre de soldats déployés et que de nouvelles troupes sont en route », a-t-il ajouté.
Le déploiement massif de forces russes aux frontières de l’Ukraine a poussé Washington et Londres à multiplier les mises en garde contre une invasion imminente, tandis que Paris et Berlin s’efforcent de maintenir le dialogue avec Moscou, où le chancelier allemand Olaf Scholz s’est rendu mardi, une semaine après le président français Emmanuel Macron.
La Russie, qui exige des garanties pour sa propre sécurité, dont la non-adhésion de l’Ukraine à l’Otan, affirme n’avoir aucune intention belliqueuse et ne manque pas une occasion de railler l' »hystérie » et la « propagande » des Occidentaux. Le Kremlin a regretté mercredi que l’Otan ne reconnaisse pas qu’un retrait avait commencé, et rappelé que le président Vladimir Poutine avait exprimé sa volonté de dialoguer.
CYBERATTAQUE À KIEV
Le ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, a dit de son côté douter des annonces russes. Il a affirmé mercredi à la BBC que « les observations sur le terrain montrent le contraire de certaines des récentes déclarations du Kremlin ».
Le président américain Joe Biden, qui s’est entretenu mardi soir avec Emmanuel Macron, a également jugé que la posture russe restait « menaçante », estimant à 150.000 le nombre de soldats russes déployés dans la zone frontalière et disant n’avoir constaté aucun retrait de troupes pour le moment.
« Les Etats-Unis et l’Otan ne sont pas une menace pour la Russie. L’Ukraine ne menace pas la Russie. Ni les USA ni l’Otan n’ont de missiles en Ukraine. Nous n’avons pas de projets d’en placer là-bas (…) Nous ne cherchons pas à déstabiliser la Russie », a assuré le président américain pendant une allocution télévisée.
Les experts militaires estiment qu’un indicateur crédible de désescalade serait le retour dans leurs bases des unités venues de Sibérie, qui participent jusqu’à la fin de la semaine à des manoeuvres en Biélorussie, à la frontière Nord de l’Ukraine.
En attendant cette hypothétique détente, les Ukrainiens ont paré les rues du pays de drapeaux jaunes et bleus, mercredi, en signe d’unité décrétée par le président Volodimir Zelenski alors que les Etats-Unis avaient laissé entendre il y a quelques jours que Moscou pourrait passer à l’offensive ce 16 février.
Si aucune attaque conventionnelle n’a pour l’heure été signalée, la cyberattaque débutée la veille contre le ministère ukrainien de la Défense se poursuivait mercredi, les pirates ayant selon ce dernier réussi à identifier des vulnérabilités dans ses logiciels.
Kiev n’a pas nommément mis en cause la Russie mais n’a pas laissé planer de doute sur ses soupçons. « Il n’est pas exclu que l’agresseur ait utilisé la tactique des coups tordus parce que ses projets agressifs ne fonctionnent pas à grande échelle », a déclaré le Centre ukrainien pour les communications stratégiques et la sécurité de l’information.
Les services de sécurité fédéraux russes (FSB) n’ont pas immédiatement répondu aux sollicitations de Reuters.
(Reportage Alexander Marrow à Moscou et Natalia Zinets à Kiev, avec les bureaux de Reuters, version française Tangi Salaün, édité par Blandine Hénault)
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