Japon: Le gouverneur de la BoJ laisse entrevoir une hausse des taux ce mois-ci
par Leika Kihara
TOKYO, 3 juin (Reuters) – La Banque du Japon (BoJ) doit examiner les avantages et les inconvénients d’une hausse des taux directeurs si les risques inflationnistes l’emportent sur la menace d’un ralentissement économique, a déclaré mercredi son gouverneur Kazuo Ueda.
Ces propos renforcent la probabilité d’un nouveau resserrement monétaire de la BoJ à l’issue de sa réunion des 15 et 16 juin, comme anticipé par de nombreux experts des marchés.
« Le Japon se trouve actuellement dans une situation où les effets secondaires de l’inflation résultant de la hausse des prix du pétrole brut sont susceptibles d’entraîner l’inflation sous-jacente au-dessus de la cible visée », a déclaré Kazuo Ueda.
« Nous estimons qu’il est nécessaire de prendre des décisions concernant la politique future en partant de ce postulat », a-t-il ajouté.
La banque centrale japonaise déterminera le rythme des hausses de taux futures en évaluant la probabilité que l’économie et les prix atteignent les prévisions fixées, ainsi que les risques, en faisant particulièrement attention à l’impact du conflit en cours au Moyen Orient, a-t-il poursuivi.
Kazuo Ueda a par ailleurs noté qu’il était difficile de déterminer le niveau exact du taux dit « neutre », celui qui ne freine ni ne stimule l’économie.
« Nous allons examiner attentivement la réaction de l’économie japonaise aux variations des taux d’intérêt à court terme », a-t-il dit.
Après les propos de Kazuo Ueda, la monnaie américaine reculait de 0,3% face au yen japonais, à 159,40 pour un dollar, confortant les anticipations du marché d’un relèvement du principal taux directeur de la BoJ de 0,75% à 1% ce mois-ci.
Selon le gouverneur de la BoJ, les pressions sur les prix résultant du choc énergétique provoqué par la guerre en Iran pourraient ne pas être temporaires et faire grimper l’inflation sous-jacente plus que ne le prévoit l’institut d’émission monétaire.
Si la banque centrale retarde les mesures nécessaires pour lutter contre l’inflation, elle pourrait être contrainte de relever ses taux de manière substantielle par la suite et d’imposer un lourd fardeau à l’économie, aux marchés et au système financier, a laissé entendre Kazuo Ueda.
« Si la Banque du Japon doit rester attentive aux risques de ralentissement de l’activité économique, elle doit se montrer encore plus vigilante face à la possibilité que les risques inflationnistes se concrétisent et aient un impact négatif sur l’économie », a-t-il dit.
(Reportage Leika Kihara; version française Claude Chendjou, édité par Benoit Van Overstraeten)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.


