Benny Hinn fustige les prophètes qui révèlent des adresses et numéros de téléphone
Le télévangéliste israélo-américain Benny Hinn a provoqué la colère d’une partie de la communauté évangélique africaine après des propos polémiques sur le ministère prophétique durant la Conférence CPENTECOTE 2026 de l’Église Vase d’Honneur dirigée en Côte d’Ivoire. Dans cet article, nous vous allons vous faire découvrir la vidéo sur l’intervention de Benny Hinn avant de vous présenter le prophétisme du Nouveau Testament.
Le célèbre télévangéliste Toufik Benedictus, dit Benny Hinn, était l’orateur principal de la Conférence C’PENTECOTE 2026 des Églises Vase d’Honneur qui s’est déroulée du 19 au 24 mai au parc des expositions d’Abidjan, en Côte d’Ivoire. Cette édition porte sur le thème : ONCTION DISTINCTION.
A cette occasion, Benny Hinn a dénoncé les prophètes qui communiquent publiquement des numéros de téléphone et des adresses personnelles des fidèles.
« Ces soit-disant prophètes, qui vous révèlent les numéros de téléphone, les adresses et d’autres choses. Posez-vous la question suivante : qu’est-ce que cela a à voir avec mon salut ? Si cela n’a rien à voir, rejetez cela. Et si j’étais vous, j’aurais dit à ce prophète: « Arrête ! » Je connais mon numéro de téléphone. Je n’ai pas besoin que tu me le donnes. Alors arrête de donner mon numéro aux gens. Ne me dis pas mon adresse, je sais où j’habite. »
Estimant que le triple but de la prophétie est « l’édification, l’exhortation et la consolation », Benny Hinn exhorte les chrétiens à se poser la question suivante: « Qu’est-ce que cela a à voir avec mon salut ? »
LE PROPHETISME DU NOUVEAU TESTAMENT
Le prophète est le porte-parole de Dieu (le verbe prophêmi signifie annoncer). Prophétiser, c’est parler sous l’inspiration divine, apporter la parole qui convient pour une situation donnée dans le passé, le présent ou l’avenir. Le prophète ne dit pas des généralités, il nomme des choses concrètes par leur nom, donne une promesse précise pour une situation précise. La note spécifique de la prophétie c’est son caractère particulier : c’est une parole particulière inspirée par Dieu, donnée à une personne précise ou à un groupe particulier, dans un but particulier, à un moment particulier.
1. Le but de la prophétie
La prédiction de l’avenir peut faire partie du message prophétique. Elle a constitué une part importante des prophéties de l’A.T., mais même alors, la prophétie était destinée à stimuler l’action présente : Dieu ne dévoile l’avenir que pour faire agir dans l’immédiat. Dans les Actes, il n’y a que trois prophéties prédisant des événements futurs (Actes 11 :28 ; 13 :11 ; 21 :10-11) et même l’Apocalypse, qui est essentiellement une révélation de l’avenir, avait pour mission immédiate de fortifier et d’encourager les chrétiens confrontés à la persécution de leur temps.
Le but essentiel de la prophétie est d’édifier, d’exhorter et de consoler. Actes 15 :32 ; 1 Corinthiens 14 :3,31 ; Apocalypse 19 :10
Occasionnellement, la prophétie peut aussi intervenir lorsqu’il s’agit de désigner quelqu’un pour un ministère ou de préciser sa tâche (1 Timothée 4 :14).
Jésus a prévu que le ministère prophétique serait exercé par ses disciples (Matthieu 10 :41 ; Luc 11 :49). Dans les premiers temps de l’Eglise, les prophètes furent très nombreux : on les trouve à Antioche (Actes 11 :27 ; 13 :1 ; 15 :32); à Corinthe et à Thessalonique (1 Thessaloniciens 5 :19-20; à Césarée Actes 21 :10); à Rome (Romains 12 :6); et dans les Eglises d’Asie mineure (Apocalypse 1 :3 ; 11 :18 ; 16 :6 ; 18 :20).
2. Avant la Pentecôte
Luc s’intéresse tout particulièrement à l’activité prophétique dès le début de son récit de l’histoire de Jésus. Divers personnages jouent un rôle prophétique: Élisabeth, Zacharie, Siméon et Anne apportent des oracles ou chantent des cantiques sous l’action de celui que le judaïsme appelait alors l’Esprit de prophétie, même si seule Anne est explicitement appelée « prophétesse » (Lc 1.41ss, 67ss; 2.27ss, 36ss).
Jean-Baptiste est présenté par les synoptiques comme un prophète, le plus grand et le dernier des prophètes de l’ancienne alliance (Mc 11.32; Lc 1.76; 3.2s; 7.24ss).
Jésus est vu ou reconnu comme un prophète (Mt 21.11, 46; Mc 6.15; Lc 7.16; 24.19; Jn 4.19; 7.40; 9.17) et se présente lui-même comme tel (Mt 13.57; Lc 13.33). À cette époque, les Israélites attendent toujours « le prophète comme Moïse » annoncé dans le Dt (Jn 6.14; 7.40s). Certains d’entre eux pensaient que ce prophète serait le Messie, d’autres qu’il serait un personnage distinct du Messie (cf. Jn 1.25). Dans leur prédication, Pierre et Étienne identifient Jésus au « prophète comme Moïse » (Ac 3.22; 7.37). Jésus est tel, et même plus grand que Moïse (Hé 3), en ce qu’il a posé les fondations d’une nouvelle alliance et énoncé la loi du Royaume de Dieu (sur une montagne, comme Moïse, Mt 5-7). Jésus est aussi l’aboutissement de toute la lignée des prophètes dont le ministère avait été institué dans le Dt. Ceux-ci ont préparé sa venue, en l’annonçant bien à l’avance, en en révélant le sens et certaines circonstances (1P 1.10ss). Et Jésus récapitule toute leur lignée en sa personne: il porte à son achèvement et à sa plénitude l’institution du ministère prophétique (Hé 1.1s).
Toute la parole de Jésus au cours de son ministère est prophétique. Jean souligne que Jésus n’a pas reçu l’Esprit de Dieu avec mesure, de sorte que ses paroles sont les paroles mêmes de Dieu et que la révélation divine atteint avec lui sa plénitude (Jn 3.34). Son message est celui de l’accomplissement en son ministère des promesses de salut portées autrefois par les prophètes (Lc 4.17-21). Ce message est donc centré sur sa propre personne (Jn 8.13), parce qu’il est lui-même l’expression parfaite de l’être divin (Hé 1.3). Ses miracles, ses oeuvres, dignes d’un prophète (Lc 7.16; Jn 6.14), authentifient sa parole et ce qu’il dit de lui-même (Jn 3.2; 5.36; 10.25; 14.11).
3. La prophétie à la manière d’Agabus
À côté de celle des apôtres, on rencontre dans le N.T. d’autres activités prophétiques. Les prophètes sont d’ailleurs mentionnés dans la plupart des listes de ministères (Rm 12.6; 1Co 12.10, 28; Ep 4.11). Mais la prophétie non apostolique n’est pas uniforme. Elle semble au contraire revêtir plusieurs facettes.
Il peut s’agir de la communication d’une révélation précise faite par Dieu au prophète. C’est le cas lorsque Agabus prédit une famine (Ac 11.27s), ou lorsque ce même prophète prédit l’arrestation de Paul par les Israélites de Jérusalem, en accompagnant cette prophétie d’un geste symbolique (Ac 21.10s). Dans les deux cas, Luc signale que c’est sous l’action de l’Esprit qu’il parle et, dans le second cas, il identifie même la prophétie à une déclaration du Saint-Esprit. La parole d’Agabus est donc présentée comme une Parole de Dieu.
Ceci est contesté. Certains pensent en effet qu’Agabus s’est en partie trompé dans sa prédiction concernant Paul, puisque les Juifs n’ont pas littéralement livré Paul aux Romains (Ac 21.31-36), et veulent y voir une simple interprétation humaine faillible d’une révélation (Grudem). Mais nous croyons que cela est dû à une mauvaise compréhension de la prophétie qui ne se veut pas aussi littérale (Hokhma 72, p. 42ss). L’insistance de Luc sur le rôle de l’Esprit devrait alerter contre la tentation de conclure trop vite à l’erreur d’Agabus. La prophétie est d’ailleurs introduite par la formule: « Ainsi parle le Saint-Esprit », équivalente à la formule: « Ainsi parle le Seigneur » qui introduit les oracles des prophètes de l’A.T. (p. ex. 1R 13.2, où la LXX porte exactement les mêmes mots: tade legei). Par contre, ce genre de formule était très rarement utilisé dans le judaïsme pour introduire des prophéties; il est donc caractéristique de la prophétie vétérotestamentaire. On retrouve la même formule en Ap 2-3 pour introduire les lettres aux sept Églises en les présentant comme Parole de Christ. La prophétie d’Agabus n’est donc pas présentée comme une interprétation d’une révélation, mais comme les paroles mêmes du Saint-Esprit. En outre, il est frappant de constater que Luc reprend les termes de la prédiction pour en souligner l’accomplissement (Ac 28.17), indice qu’il ne l’a pas prise au pied de la lettre. À ses yeux, Agabus ne s’est pas trompé, bien au contraire.
Les prophéties d’Agabus impliquent donc, semble-t-il, la réception de révélations, par lesquelles Dieu communique des informations au prophète, et la transmission d’une parole qui vienne de Dieu, comme c’était le cas pour les prophètes de l’A.T. Plusieurs textes montrent encore que l’activité prophétique était regardée, au moins dans certains cas, comme la communication d’une révélation venant de Dieu. Pour Simon le pharisien, un prophète devrait savoir que la femme qui le touche est une pécheresse (Lc 7.39ss). La Samaritaine reconnaît Jésus comme un prophète à partir du moment où celui-ci montre qu’il connaît sa vie (Jn 4.16ss). De même, lorsque les soldats romains demandent à Jésus de jouer au prophète, il s’agit quasiment de divination (Lc 22.64). Le faux prophète Élymas prétendait sans doute avoir reçu des révélations de Dieu (Ac 13.6), ce qui indique que c’est ce que l’on attendait des prophètes.
L’activité des prophètes d’Antioche (Ac 13.1) et celle des quatre filles de Philippe (Ac 21.9) se rangent peut-être dans la même catégorie que les prophéties d’Agabus, sans qu’on puisse en être sûr. C’est en particulier le cas si c’est par les prophètes d’Antioche que le Saint-Esprit a donné l’ordre de mission de Paul et Barnabas (Ac 13.2), mais cela n’est pas dit explicitement dans le texte. On peut peut-être aussi ajouter la prophétie sur la base de laquelle Timothée a été consacré au ministère (1 Tm 4.14).
Ce type de prophétie diffère de la prophétie apostolique par sa visée et son contenu. Alors que la prophétie apostolique apporte un enseignement inspiré qui intéresse l’Église (en tout temps et en tout lieu) et fait autorité pour elle, un enseignement au contenu historiographique, doctrinal et éthique, la prophétie à la manière d’Agabus concerne des personnes particulières et des circonstances particulières. Il s’agit d’apporter une révélation qui n’intéresse qu’un groupe de personnes restreint dans leurs circonstances particulières à un moment donné. Contrairement à la prophétie apostolique, elle n’est pas à inclure dans le canon biblique (les prophéties d’Agabus ne sont reprises par Luc qu’à titre d’éléments informatifs dans son récit).
4. La prophétie dans les Églises du N.T.
Dans les églises du Nouveau Testament, il y a une forte activité prophétique. La prophétie est parfois accompagnée de visions (Actes 9 :10 ; 10 :3,10 ; 16 :9) ou de voix (Actes 27 :23 ; 2 Corinthiens 12 :4). Elle peut aussi consister en une connaissance surnaturelle des choses cachées (Actes 5 :1-11 ; 1 Corinthiens 14 :24-25 ; Jean 4 :19) ou plus simplement dans une pensée, un conseil ou un avertissement inspiré par l’Esprit de Dieu.
Paul nous apprend qu’une activité nommée prophétie avait sa place dans la vie des Églises du N.T., notamment au cours de leurs réunions (Rm 12.6; 1Co 12-14; Ep 4.11; 1Th 5.20s). Il semble s’agir d’une activité plus courante, à Corinthe en tout cas, que celle des prophètes comme Agabus. En effet, elle est mentionnée à côté de la prière (1Co 11.5) et il s’agit d’une activité pratiquée de manière habituelle lors du culte. Paul voit même le besoin de limiter à deux ou trois les interventions de prophètes au cours d’un même culte, ce qui indique qu’elles avaient tendance à se multiplier (1Co 14.29s). Ces prophéties ne sont pas là nécessairement le fait d’un groupe déterminé de prophètes, investis d’un ministère prophétique officiel, mais sont sans doute apportées par divers membres de la communauté (Cothenet, col. 1296). En même temps, ce n’est pas une activité à laquelle tous les membres de la communauté prennent part: tous ne sont pas prophètes en ce sens (1Co 12.29).
Pour ce qui est de leur contenu, il s’agit de paroles qui édifient, exhortent, encouragent (14.3), instruisent (14.19, 31 et cf. v. 6). Ceci n’indique pas grand chose quant à la nature du phénomène, car toute parole d’exhortation, d’encouragement ou d’instruction n’est pas nécessairement une prophétie. Dans le contexte corinthien, il n’est en tout cas pas question de prédictions du genre de celles qu’apportait Agabus. Un certain nombre d’indices montrent que la prophétie ecclésiale a un statut inférieur à la prophétie apostolique ou à une communication directe de la part de Dieu: 1) En Rm 12.6b, Paul recommande à ceux qui ont pour ministère la prophétie de l’exercer selon l’analogie de la foi, ce qui signifie: en accord avec la doctrine chrétienne. Ainsi, le prophète doit exercer un contrôle doctrinal sur sa parole. S’il recevait sa parole directement de Dieu, il n’aurait pas besoin d’exercer ce contrôle de la même manière. 2) Cette prophétie doit être soumise à évaluation (1Co 14.29 et 1Th 5.20s). Celle-ci peut consister à déterminer si la prophétie vient authentiquement de Dieu ou non, mais il peut aussi s’agir d’un tri à effectuer au sein même d’une prophétie, pour n’en conserver que ce qui est bon (1Th 5.21). La parole apostolique doit au contraire être reçue sans réserve, elle s’impose aux auditeurs comme une Parole de Dieu qui demande une soumission inconditionnelle et ne souffre aucune remise en question (Ga 1.8s; 2Th 2.15; 3.6, 14; Ap 22.6s). Les prophéties d’Agabus n’ont pas fait l’objet d’une évaluation mais ont été reçues comme Parole de Dieu. Ceci suppose vraisemblablement une reconnaissance préalable d’Agabus comme un vrai prophète, délivrant des messages de la part de Dieu. 3) Paul recommande de limiter à deux ou trois les prises de parole des prophètes au cours d’une réunion de l’Église. En outre, un prophète doit s’interrompre si un autre veut prendre la parole (1Co 14.29ss). Autrement dit, ces prophéties ne sont pas considérées comme indispensables. Or on n’imagine mal qu’un prophète qui serait en train de transmettre une communication reçue directement de Dieu soit invité à se taire pour laisser parler quelqu’un d’autre. Paul n’aurait certainement pas la même attitude vis-à-vis de la parole apostolique, vu l’autorité qu’il lui attribue, et l’on ne conçoit guère qu’il recommande ainsi de se taire à quelqu’un qui, comme Agabus, apporterait une révélation qui se présente comme déclaration du Saint-Esprit. 4) L’activité prophétique est subordonnée à l’enseignement apostolique, puisque les prophètes sont invités à se soumettre à la parole de Paul en lui reconnaissant le statut de commandement du Seigneur (1Co 14.37s).
Certes, Paul utilise le terme de « révélation » pour la prophétie corinthienne (1Co 14.30). Mais ce mot est parfois utilisé dans le N.T. avec un sens plus large que celui que nous lui donnons: en Mt 11.27; Ep 1.17, il s’agit de l’oeuvre de l’Esprit qui rend des personnes capables de recevoir avec foi et de comprendre la parole de Jésus ou celle des apôtres, et non pas de la communication directe d’une information. C’est sans doute dans ce sens large que Paul qualifie la prophétie corinthienne de révélation, sans que cela implique nécessairement une communication verbale directe de la part de Dieu.
Quelle est alors la nature exacte de cette activité prophétique qui se déroule dans les Églises? Il faut noter que la prophétie est souvent associée ou assimilée dans le N.T. à une forme d’enseignement (Ac 13.1). Ceci apparaît notamment chez Jean, qui nomme faux prophètes des gens qui véhiculent de fausses doctrines et qui, par leur enseignement, entraînent les chrétiens au mal ou aux compromis avec le monde corrompu (1Jn 4.1-6; Ap 2.20). Il n’y a ainsi pas une différence très tranchée entre prophétie et enseignement. Les deux activités se chevauchent, se recoupent. Mais, sans doute, tandis que l’enseignement est plus axé vers l’explication des textes bibliques et l’exposition de la doctrine, la prophétie est davantage axée sur l’application. En effet, comme les prophètes de l’A.T. actualisaient la loi mosaïque et l’appliquaient à la situation de leurs contemporains pour les appeler à l’obéissance à Dieu dans leur situation concrète, les prophètes des Églises du N.T. disaient comment appliquer l’enseignement scripturaire et apostolique aux situations concrètes de leurs auditeurs. C’est cette similitude qui peut expliquer que cette activité soit appelée prophétie, alors qu’elle ne dépend pas nécessairement d’une révélation au sens strict du terme.
On peut donc penser que la prophétie ecclésiale consiste avant tout en l’apport d’une parole qui applique l’enseignement apostolique ou scripturaire à la situation particulière des auditeurs avec un à-propos et une pertinence accrue. Le prophète est alors quelqu’un qui a une sagesse particulière, une compréhension de l’Écriture, une intelligence des situations concrètes, et une bonne part d’intuition qui lui permettent de discerner comment appliquer l’Écriture aux situations concrètes de l’existence, quelle ligne de conduite adopter pour faire la volonté de Dieu dans telle situation, quel chemin emprunter pour dépasser des situations bloquées, ou encore qui lui permettent de trouver la parole qui va aider au bon moment, qui va encourager, relever la personne abattue, ou motiver les gens à l’obéissance à Dieu. On peut mentionner à cet égard l’activité de Jude et de Silas qui, en tant que prophètes, ont exhorté et affermi les frères par de nombreux discours (Ac 15.32).
Lorsque Paul envisage qu’un incroyant présent dans l’assemblée voit les secrets de son coeur dévoilés par la parole des prophètes (1Co 14.24s), cela ne veut pas dire que ceux-ci lisent dans les coeurs. Il est plutôt ici question de la seule efficacité de la prédication prophétique qui oblige l’incroyant à s’examiner lui-même. Autrement dit, sans que les pensées du coeur de l’auditeur lui soient nécessairement révélées, le prophète prononce un discours particulièrement approprié à la situation de l’auditeur, qui le touche profondément et lui montre de manière très claire son besoin de conversion.
5. Autres types de prophétie dans le N.T.
Dans le livre des Actes, on voit aussi la prophétie fonctionner comme signe, avec le parler en langues, de la réception du baptême dans l’Esprit, à des moments uniques de l’histoire du salut (Ac 19.6; cp. 10.44-46). Il s’agit sans doute alors de louanges prononcées sous l’action de l’Esprit.
Dans quelques textes, tous les croyants sont considérés comme des prophètes (Ac 2.17s; Ap 11.3-10). Ils le sont en tant que témoins de Jésus-Christ (Les livres de Joël et d’Abdias, 1989, p. 150-153). Dans la mesure où un chrétien proclame fidèlement le message de l’Évangile tel qu’il est enseigné dans le N.T., il fait office de porte-parole de Dieu. Ceci ne signifie pas qu’il serait inspiré, mais lorsqu’on annonce l’Évangile dans la fidélité à l’Écriture, c’est bien la Parole de Dieu qui est proclamée. Tous les croyants sont ainsi des prophètes dans un sens large.
Enfin, dans un texte marginal, Paul présente Épiménide comme un prophète (Tt 1.12). Cet auteur païen est ainsi appelé dans la littérature gr. et Paul suit cet usage, ce qui montre avec quelle souplesse il peut utiliser le terme. Peut-être lui accorde-t-il aussi ce titre pour souligner qu’il a vu juste.
On aperçoit donc plusieurs types d’activité prophétique dans le N.T. La prophétie n’est pas un phénomène uniforme ayant toujours les mêmes caractéristiques. Par prophétie, le N.T. peut désigner toute une palette d’activités, en dégradé, avec des passerelles entre elles.
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