Saint-Gobain veut profiter du marché de la rénovation après une année record
(Reuters) – Le groupe français de matériaux de construction Saint-Gobain a fait état jeudi d’un résultat d’exploitation record en 2021, le propriétaire des marques Celotex et Lapeyre ayant bénéficié du dynamisme du secteur de la construction aux Etats-Unis et en Asie et de son exposition au marché européen de la rénovation.
Le groupe, qui a affiché une hausse de 18,4% en glissement annuel de son chiffre d’affaires à données comparables pour 2021, a dit avoir augmenté ses prix pour tenter de compenser l’impact de l’inflation.
« L’effet prix atteint +6,7% sur l’ensemble de l’année, et s’est renforcé de façon continue au cours de l’année pour atteindre +9,5% sur le seul second semestre et +10,3% au quatrième trimestre », a précisé Saint-Gobain dans un communiqué.
La Commission européenne a appelé les pays de l’UE à utiliser le fonds de relance économique de 750 milliards d’euros pour rénover les bâtiments afin de réduire la consommation d’énergie, alors que la flambée des prix a ralenti la production industrielle en Europe et fait grimper les factures des ménages.
« Si aujourd’hui, on avait bien rénové tous les bâtiments en Europe (…), on ne serait pas dépendant du gaz russe et on ne serait pas dépendant d’un baril de pétrole à 100 dollars », a déclaré à la presse le directeur général Benoit Bazin, faisant allusion à l’invasion de l’Ukraine par la Russie.
« D’une certaine façon, à moyen terme, je pense que ça va forcer tous les gouvernements à aller vers l’énergie verte et à décarboner, isoler les bâtiments publics et privés à toute vitesse », a-t-il dit.
Benoit Bazin a également indiqué que l’UE avait estimé que 35 millions de bâtiments devaient être rénovés d’ici 2030 pour d’atteindre l’objectif européen de neutralité carbone à l’horizon 2050.
Saint-Gobain a enregistré une hausse de 57,9% de son résultat d’exploitation à 4,51 milliards d’euros, ce qui lui a permis de dégager pour la première fois une marge à deux chiffres.
(Reportage Juliette Portala, version française Diana Mandiá, édité par Jean-Michel Bélot)
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