Taïwan: Le parti au pouvoir remporte un 3e mandat malgré la pression chinoise
par Yimou Lee et Sarah Wu
TAIPEI (Reuters) – Les électeurs taïwanais ont porté samedi à la tête du pays le candidat soutenu par le Parti démocrate progressiste (DPP) au pouvoir, Lai Ching-te, faisant fi des pressions exercées par Pékin qui a présenté cette élection comme un choix entre la guerre et la paix.
Le nouveau président taïwanais, qui remplace Tsai Ing-wen, elle aussi issue du DPP mais ne pouvant plus se représenter après deux mandats à la tête du pays, s’est engagé à tenir tête à Pékin tout en recherchant des moyens du dialogue avec la Chine.
Le DPP défend l’identité distincte de Taïwan et rejette les revendications territoriales de la Chine. La victoire de son candidat à un troisième mandat consécutif est un fait sans précédent dans le système électoral actuel de Taïwan.
« Nous avons écrit une nouvelle page de l’histoire de la démocratie à Taïwan », a déclaré à la presse Lai Ching-te, favori dans les enquêtes d’opinion avant le scrutin, alors que ses deux adversaires ont reconnu leur défaite.
Dans ce scrutin uninominal majoritaire à un tour, Lai Ching-te était opposé d’une part à Hou Yu-ih, le candidat du principal parti d’opposition, le Kuomintang (KMT), favorable à un rapprochement avec la Chine, et d’autre part, à l’ancien maire de Taipei, Ko Wen-je, issu du Parti populaire taïwanais (TPP), fondé en 2019.
Durant la campagne électorale, la Chine a dépeint Lai Ching-te comme un dangereux séparatiste et a appelé le peuple taïwanais à faire le bon choix, tout en soulignant « l’extrême nocivité de la ligne du DPP sur l’indépendance de Taïwan ».
Pékin a également rejeté à plusieurs reprises les appels au dialogue de Lai Ching-te.
Ce dernier a déclaré à l’issue du scrutin qu’il maintiendrait le statu quo dans les relations entre les deux pays séparés par un détroit stratégique, mais qu’il était « déterminé à protéger Taïwan des menaces et des intimidations de la Chine ».
Lai Ching-te a parallèlement insisté sur la nécessité de coopérer et de dialoguer avec Pékin sur un pied d’égalité afin de « remplacer la confrontation », sans toutefois étayer sa pensée.
Des scènes de liesse ont accompagné sa victoire à l’extérieur de son siège de campagne.
« Le DPP est le seul parti qui peut vraiment protéger Taïwan », a déclaré Cony Lu, une tatoueuse âgée de 28 ans, qui a fondu en larmes. « Tant de gens sont prêts à s’unir pour préserver la souveraineté de Taïwan », a-t-elle ajouté.
DÉFIS INTÉRIEURS
L’enjeu des élections ne portait pas seulement sur la Chine, les électeurs étant également préoccupés par des sujets aussi divers que le coût élevé du logement, la faible croissance des salaires et les perturbations dans l’approvisionnement en électricité.
Lai Ching-te a obtenu samedi seulement 40% des voix contre plus de 50%, il y a quatre ans, par la présidente sortante, Tsai Ing-wen.
Le DPP a par ailleurs perdu le contrôle du Parlement dans le cadre des élections législatives organisées en même temps que la présidentielle.
Cela pourrait entraver la capacité de Lai Ching-te à faire passer des textes de loi et des projets de dépenses, notamment en matière de défense.
Lai Ching-te a reconnu qu’avec la perte de la majorité au Parlement, le DPP avait désormais « de nombreux domaines à améliorer ».
Le nouveau président taïwanais a toutefois tendu la main à ses adversaires, prônant l’ouverture avec l’intégration des membres d’autres partis et la coopération avec ses rivaux malheureux.
Pendant la campagne électorale, des centaines de milliers de jeunes Taïwanais ont afflué aux rassemblements organisés par Ko Wen-je, qui s’est imposé comme une nouvelle force dans le paysage politique de l’île, rassemblant environ un quart des voix, même s’il est arrivé en dernière position du scrutin.
Les résultats complets des élections législatives sont attendues dans le courant de la soirée.
LA CHINE ADOUCIT LE TON
Parmi les réactions à l’étranger à l’issue du scrutin, le président américain Joe Biden a déclaré samedi que les Etats-Unis ne soutenaient pas l’indépendance de Taïwan.
« Nous ne soutenons pas l’indépendance (…) », a répondu le patron de la Maison blanche, interrogé sur sa réaction à l’issue du scrutin. Avant l’ouverture des bureaux de vote, Washington avait mis en garde contre toute volonté d’interférence d’un pays dans les élections.
Le Bureau chinois des affaires de Taiwan, de son côté, a semblé jouer l’apaisement sans toutefois mentionner le nom du vainqueur, indiquant que les résultats révèlent que le DPP « ne peut pas représenter l’opinion publique dominante » à Taïwan.
« Notre position sur la résolution de la question de Taïwan et la réalisation de la réunification nationale reste cohérente, et notre détermination est aussi ferme que le roc », a-t-il déclaré.
Il a cependant ajouté que la Chine travaillerait avec « les partis politiques, les groupes et les personnes parties prenantes » de Taiwan pour stimuler les échanges et la coopération et « faire progresser le développement pacifique des relations entre les deux rives ainsi que la cause de la réunification nationale ».
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a déclaré de son côté que Moscou pensait toujours que Taïwan était une partie intégrante de la Chine.
Le Japon, pour sa part, a présenté ses félicitations à Lai Ching-te.
« Nous espérons que la question concernant Taiwan sera résolue de manière pacifique par le dialogue, contribuant ainsi à la paix et à la stabilité dans la région », écrit la ministre des Affaires étrangères Yoko Kamikawa, citée dans un communiqué.
« Pour le Japon, Taïwan est un partenaire extrêmement crucial et un ami important, avec lequel il partage des valeurs fondamentales et entretient des relations économiques étroites et des échanges entre les peuples », a-t-elle ajouté.
(Reportage Yimou Lee et Sarah Wu; avec les contributions de Faith Hung, Ben Blanchard et James Pomfret; version française Claude Chendjou, édité par Gilles Guillaume)
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