Hydrogène renouvelable-Léger retard d’Engie en 2025 mais trajectoire tenue pour 2030
STAINS, Seine-saint-Denis (Reuters) – Engie ne sera pas en mesure de respecter ses objectifs de production d’hydrogène renouvelable en 2025 mais reste confiant quant à sa capacité de produire 4 gigawatts (GW) d’ici 2030, ont déclaré jeudi des membres du comité exécutif du groupe.
La directrice générale d’Engie, Catherine MacGregor, et d’autres membres de la direction se sont exprimés devant la presse jeudi pour inaugurer les locaux de la « H2 Factory », un laboratoire de recherche dédié à l’hydrogène produit à partir d’énergie renouvelable.
Engie, qui compte actuellement une vingtaine de projets hydrogène vert à travers le monde, s’était fixé comme objectif de produire 600 MW d’énergie d’ici 2025. Le groupe accuse un léger retard à cet horizon, a dit Sébastien Arbola, directeur général adjoint.
Cette situation s’explique par des retards dans le versement des subventions européennes et françaises qui ont freiné le lancement de certains projets, précise-t-on au sein de l’entreprise.
Cela n’empêchera pas le fournisseur de gaz d’électricité français de tenir ses objectifs pour 2030, les projets de taille industrielle (de 100MW à 1 GW) devant entrer en service dans la deuxième partie de la décennie, a ajouté Sébastien Arbola.
L’hydrogène vert est produit par la division de l’eau en hydrogène et en oxygène à l’aide d’électricité renouvelable telle que l’énergie solaire et l’énergie éolienne. Il est considéré comme une source d’énergie propre, mais la technologie en est encore à ses débuts et reste relativement coûteuse.
La France, qui compte investir 9 milliards d’euros dans le secteur, s’est donnée pour objectif de devenir l’un des leaders européens de la production d’hydrogène bas carbone d’ici 2030. Une dizaine de projets français ont été sélectionnés fin septembre pour bénéficier de fonds européens.
Engie a précisé que les trois quarts de sa production d’hydrogène vert en 2030 seraient produits à l’étranger, notamment au Moyen-Orient, Chili ou au Brésil, où l’électricité renouvelable est abondante et moins coûteuse.
L’hydrogène produit sera transformé en molécule gazière pour être transporté vers l’Europe et les Etats-Unis où se trouvent les principaux clients du groupe, précise Sébastien Arbola.
Ces importations posent la question de la dépendance énergétique française alors que les pays européens, qui font face à une crise majeure, ont cherché ces derniers mois à diversifier leurs sources d’approvisionnement en gaz pour diminuer leur dépendance à la Russie.
« Il faut garder en tête la compétitivité. Et l’accès à de l’hydrogène importé va être très important », a dit Catherine MacGregor lors de la conférence de presse.
« Ce qu’il faudra faire, bien sûr, c’est de s’assurer qu’on n’est pas sur-dépendant de l’hydrogène importé et que dans l’importation d’hydrogène, on est également diversifié dans nos sources d’approvisionnement », a-t-elle ajouté.
La directrice générale a, par ailleurs, exhorté l’Union européenne à ne pas « sur-réglementer » le secteur, au risque de « tuer le marché », alors que des discussions sont en cours pour savoir si l’appellation d' »hydrogène vert » ne concernera que les projets utilisant de nouvelles capacités d’électricité renouvelables, pas des capacité existantes.
(Reportage Caroline Pailliez, édité par Jean-Stéphane Brosse et Kate Entringer)
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