France: Le délai d’injection du vaccin Pfizer maintenu, dit Véran
Le délai d’injection entre les deux doses du vaccin de Pfizer contre le COVID-19 ne sera pas allongé en France en raison des risques potentiels d’une telle décision même si le débat est « légitime » pour fournir une première protection à un plus grand nombre de personnes, a déclaré mardi Olivier Véran.
Le délai préconisé est actuellement de 21 à 28 jours mais certains plaident en faveur d’un allongement à 42 jours pour accélérer la protection de la population, surtout face à l’apparition de variants plus contagieux.
Olivier Véran, accompagné d’Alain Fischer, professeur d’immunologie chargé de conseiller le gouvernement sur la campagne de vaccination, a néanmoins observé une « absence de consensus scientifique » sur une telle mesure.
« Nous sommes (…) face à une part d’inconnues et d’incertitudes et je fais donc le choix de la sécurité des données validées et dont on maîtrise la pleine compréhension », a dit le ministre de la Santé lors d’une conférence de presse.
« Je maintiens donc sur la base des informations dont je dispose le délai d’injection entre deux injections Pfizer à 21 ou 28 jours », a-t-il ajouté, mettant en avant la « faiblesse des connaissances scientifiques » et l' »absence de données » sur de nombreux points. « Nous ne touchons pas au délai d’injection du vaccin Pfizer. »
Olivier Véran, appuyé par Alain Fischer, a notamment relevé qu’un allongement du délai permettrait certes, à court terme, à plus de personnes de recevoir une première dose mais que cela aurait un « impact mineur sur le rythme de la vaccination », à deux ou trois mois.
« Fin mars, début avril, le nombre de personnes vaccinées serait le même », a confirmé Alain Fischer.
L’immunologue a pour sa part insisté sur les « quelques éléments de signaux d’alerte » quant à l’efficacité dans la durée de la première dose, notamment chez les personnes âgées, les plus fragiles.
« Les conséquences d’un espacement, on ne les connaît pas du tout » sur le niveau de protection des personnes vaccinées même après l’injection du rappel, a prévenu Alain Fischer, ce qui pourrait poser problème face à des nouveaux variants plus dangereux.
« L’argument relatif au variant mis en avant pour espacer les doses peut être au contraire utilisé pour maintenir l’espacement à pas plus de 28 jours », a-t-il dit, soulignant la « complexité de l’analyse ».
Un autre vaccin, produit par Moderna, est aussi disponible en France comme dans le reste de l’Union européenne et l’Agence européenne des médicaments devrait rendre vendredi son avis sur un troisième fabriqué par AstraZeneca.
(Nicolas Delame et Bertrand Boucey)
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