Trump a promis à l’Ukraine qu’elle pourra fabriquer des Patriots, mais cela prendra du temps
par Daniel Flynn
KYIV, 11 juillet (Reuters) – La promesse faite par le président américain Donald Trump d’autoriser l’Ukraine à fabriquer des systèmes antiaériens Patriot – indispensables face aux missiles balistiques russes – est incontestablement une victoire diplomatique pour le président ukrainien Volodimir Zelensky.
Mais il faudrait au moins un an avant que cette production ukrainienne ne démarre, selon des experts en matière de défense.
Et Kyiv en a besoin tout de suite, comme en témoignent les incessants bombardements russes – qui ont fait plus de 60 morts depuis le début du mois – Moscou tirant justement parti du manque de systèmes de défense anti-aérienne de l’Ukraine pour pilonner le pays.
Les missiles intercepteurs Patriot sont donc essentiels à la défense de l’Ukraine à un moment où, selon Volodimir Zelensky, la Russie, dont les avancées sur le champ de bataille sont au point mort, tente de tirer parti de son avantage en matière de missiles balistiques.
Le Patriot est la seule arme de l’arsenal de Kyev capable d’intercepter les missiles, qui voyagent à plusieurs fois la vitesse du son.
En outre, malgré sa promesse, Donald Trump a reconnu ne pas avoir consulté au préalable les entreprises qui fabriquent les intercepteurs Patriot : les groupes de défense américains Lockheed Martin et Raytheon.
Selon les experts, le temps nécessaire, d’une part, à la construction d’une usine d’assemblage et, d’autre part, à la mise en place d’un réseau de sous-traitants signifie que la production des intercepteurs Patriot PAC-2 fabriqués par Raytheon ou des PAC-3, plus sophistiqués, de Lockheed Martin ne démarrera pas assez tôt pour soulager la situation de l’Ukraine dans un avenir proche.
« À court terme, l’impact sera très limité », a déclaré Fabian Hoffmann, expert en missiles à l’Institut norvégien d’études de défense à Oslo. « Je serais très surpris que cela prenne moins de 12 mois. Je pense que cela prendra nettement plus de temps ».
À titre de comparaison, Raytheon a conclu en 2024 un accord avec le fabricant d’armement européen MBDA pour produire en Allemagne des intercepteurs GEM-T destinés au système PAC-2 et les premières livraisons ne sont pas attendues avant début 2027.
UNE PRODUCTION EN DEHORS DE L’UKRAINE ?
L’Ukraine a réussi à accélérer son développement militaire depuis que la Russie a lancé sa guerre contre elle en 2022, mais les experts en défense affirment que la mise au point d’un système capable d’intercepter des missiles balistiques constitue le défi le plus difficile en matière de technologie.
Serhii Beskrestnov, conseiller auprès du ministère ukrainien de la Défense, estime ainsi sur Telegram qu’il y a une incertitude quant au temps nécessaire aux sous-traitants pour augmenter la production de composants peu abondants.
L’Allemagne, qui a mis en place une chaîne de production nationale pour les intercepteurs PAC-2, pourrait aider Kyev à accélérer ce processus.
Deux sources proches des discussions ont indiqué que les nouveaux intercepteurs seraient probablement fabriqués en Allemagne – ou dans un autre pays européen – et que la production pourrait être transférée en Ukraine une fois la guerre terminée.
Volodimir Zelensky a déclaré en fin de semaine que les équipes techniques allaient régler les détails au plus vite, mais aussi qu’il souhaitait que la production démarre « en Ukraine dès que possible ».
Il a par ailleurs précisé qu’une livraison d’intercepteurs PAC-3 en provenance des États-Unis était attendue dans « les prochains jours ».
Le président ukrainien a également demandé à d’autres alliés de fournir des missiles provenant de leurs propres stocks, dans le cadre d’un dispositif financier coordonné par l’Otan prévoyant que les alliés européens et le Canada transfèrent des fonds aux États-Unis afin d’acquérir des armes de fabrication américaine pour l’Ukraine.
Les missiles Patriot ne sont pas produits en quantités suffisantes pour faire face à la menace balistique russe, alors que la Russie produit au moins 700 à 800 missiles balistiques Iskander lancés depuis le sol et Kinzhal hypersoniques lancés depuis les airs par an, selon les experts.
Partant du principe qu’il faut trois missiles Patriot par missile balistique pour garantir une interception, ils estiment qu’environ 2.400 intercepteurs seraient nécessaires chaque année si la production russe restait stable.
« Même avec une usine de production sous licence en Ukraine, atteindre ce chiffre sera très, très difficile, voire impossible », a déclaré Fabian Hoffmann.
Lockheed a livré un peu plus de 600 PAC-3 l’année dernière et vise à porter sa production à environ 2.000 d’ici 2030. Une usine ukrainienne pourrait produire entre 200 et 300 intercepteurs par an, a estimé Fabian Hoffmann.
FAUT-IL UN PLAN B ?
Au vu de cette situation, Volodimir Zelensky a déclaré que l’Ukraine avait besoin d’un plan B.
« La seule option valable est une alternative au PAC-3 », a-t-il dit il y a quelques jours, exprimant l’espoir que les alliés européens impliqués dans un projet naissant de défense antimissile appelé Freya, mené par la société ukrainienne Fire Point, se réuniront bientôt en France.
Fire Point sollicite des entreprises européennes pour qu’elles fournissent des solutions en matière de radars, de liaison de données et de tête chercheuse, destinées à être intégrées à sa technologie de missiles existante.
La société espère ainsi disposer d’une alternative moins coûteuse au Patriot avant la fin de l’année.
« Le projet Freya de Fire Point est un pari risqué, mais s »il aboutit, les retombées seront énormes”, a déclaré Jack Watling, du groupe de réflexion Royal United Services Institute à Londres.
Il a ajouté qu’il existait d’autres options européennes qui devraient être réalisables, telles que le système SAMP/T NG développé par Eurosam – une coentreprise entre MBDA et le groupe français Thales – qui, selon lui, ne nécessiterait que quelques ajustements techniques et un calibrage de son radar.
Ce système est capable de suivre simultanément des dizaines de cibles, de neutraliser plusieurs menaces à la fois et est le seul dispositif de fabrication européenne censé intercepter des missiles balistiques.
(Daniel Flynn, avec la contribution de Tom Balmforth à Londres, Version française Benoit Van Overstraeten)
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
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Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
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