Bas les masques, ras la seringue
Arrêtez-vous un instant et projetez-vous dans les années 1991 où le personnel hospitalier a campé sous les fenêtres du ministère de la santé pendant 1459 jours avant d’être délogé avec des canons à eau.
Si aujourd’hui la France est aux fenêtres pour applaudir et honorer les blouses blanche, bleu et rose, réalisons que rien n’a vraiment changé.
Les plaintes et revendications restent les mêmes et vont crescendo.
Manque de personnel et de matériel, conditions de travail dégradées, burn out et suicides en hausse ,et si peu de reconnaissance.
Les augmentations de salaires n’étaient certes pas en tête des revendications de l’époque, à l’exception de la demande d’intégration des primes pour le calcul des retraites. L’amélioration des conditions de travail demeurait l’essentiel avec comme objectif premier le bien-être des malades.
L’eau a coulé sous les ponts mais en 2020 rien n’a vraiment changé.
Il n’y a rien de nouveau sous le soleil exceptée la gestion administrative de l’hôpital par des non-soignants qui le gèrent comme une entreprise.
Bureaucratie et gestion des nouvelles technologies sont aujourd’hui et avant tout le lot quotidien des infirmières, occultant de plus en plus la place réservée à l’humain, distribuant des gestes traumatiques plus que réconfortants, faute de temps.
La loi de la mobilité oblige, elle court, elle court l’infirmière et même elle prend l’avion et le train, loin des siens, avec la peur au ventre de les contaminer à son retour.
Croyez-vous que le Covid-19 et son lot de morts les laissent de glace?
Le manque de protection-masques, blouses, gants, médicaments – en quantité suffisante les amène à risquer leur vie chaque jour entraînant la contamination en chaîne.
Nous en voyons malheureusement l’effet morbide dans les Ehpad.
En prime: la grève signifie réquisition d’office, les fêtes de Noël et jour de l’an , « au boulot ».
C’est un métier pas comme les autres où l’on utilise autant son cœur que ses mains et le salaire le plus précieux reste toujours le bien-être du patient .
On ne quitte pas son travail en quittant sa blouse, ramenant souvent à la maison le stress de la journée ou le chagrin d’ un départ.
Messieurs les gouvernants, l’homme vaut-il encore quelque-chose, la vie humaine a-t-elle encore un prix face au profit?
N’oubliez pas que nous sommes tous des malades en puissance.
Quand aurons-nous assez de masques et de tests pour toute la population ?
L’heure est grave et pressante, aujourd’hui et demain, soutenons tous nos soignants. Prions et demandons à Dieu Sa grâce sur leur vies.
Que la protection et la bénédiction de Dieu les accompagnent.
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