Malgré ses divisions, la droite peut espérer reprendre la présidence au Chili
par Sarah Morland
SANTIAGO (Reuters) – Les Chiliens sont appelés à participer dimanche au premier tour d’une élection présidentielle opposant la représentante de la coalition de gauche au pouvoir à une multitude de candidats de droite, susceptibles toutefois de s’unir et de faire gagner l’un des leurs au second tour, dans un pays où la criminalité et l’immigration sont en tête des préoccupations des électeurs.
Alors que le président sortant Gabriel Boric n’a pas le droit de se représenter, aucun des huit candidats en lice ne devrait s’imposer dès dimanche et un second tour serait alors organisé le 14 décembre.
L’incertitude sur l’issue du scrutin est d’autant plus forte que, pour la première fois depuis 2012, le vote sera obligatoire. Or l’abstention avait atteint 53% au premier tour de la présidentielle de 2021 et nombre d’indécis ou d’électeurs sans conviction vont cette fois devoir participer sous peine d’amende.
Âgée de 51 ans, Jeannette Jara représente le pouvoir sortant et mène la course dans les intentions de vote. Elle risque toutefois de pâtir de l’impopularité de Gabriel Boric et de son appartenance au Parti communiste.
Ancienne ministre du Travail, elle promet de revaloriser le salaire minimum, renforcer les droits des travailleurs et favoriser l’extraction du lithium dont le Chili est le deuxième producteur mondial. Consciente de l’importance du thème de la sécurité, elle compte aussi construire de nouvelles prisons et moderniser la police.
Face à elle, l’opposition conservatrice s’avance en ordre dispersé.
Battu au deuxième tour par Gabriel Boric en 2021, José Antonio Kast, fondateur du Parti républicain, formation d’extrême droite, semble être le principal adversaire de Jeannette Jara.
FILS DE NAZI
Cet avocat de 59 ans, fils d’un ancien lieutenant de l’armée allemande ayant fui vers l’Amérique latine après la Seconde Guerre mondiale, a placé la sécurité et la lutte contre l’immigration en tête de ses priorités en promettant des expulsions massives de clandestins et la création de nouvelles prisons de haute sécurité.
Comme lors du dernier scrutin, il pourrait souffrir du passé nazi de son père et du rôle de ministre exercé par l’un de ses frères sous la dictature d’Augusto Pinochet.
En cas de qualification pour le second tour, il pourrait cependant bénéficier de reports de voix en provenance des autres candidats conservateurs, notamment de Johannes Kaiser.
Les deux hommes partagent des points communs tels qu’une ascendance allemande et une formation en droit. Johannes Kaiser a en outre appartenu au Parti républicain avant de rompre pour créer son propre Parti national libertarien.
Ce parlementaire, qui a bâti sa notoriété sur YouTube, prône la fermeture de la frontière avec la Bolivie, l’expulsion vers le Salvador des immigrés clandestins condamnés par la justice et une réduction drastique des missions de l’Etat. Il veut aussi que le Chili quitte la cour interaméricaine des droits de l’homme et l’accord de Paris sur le climat.
A 72 ans, Evelyn Matthei représente pour sa part la droite modérée. Longtemps donnée qualifiée pour le second tour, cette économiste et ancienne ministre du Travail, adversaire malheureuse de Michelle Bachelet au scrutin présidentiel de 2013, a reculé ces dernières semaines dans les intentions de vote.
Outre le choix du futur chef de l’Etat, les Chiliens sont appelés dimanche à renouveler les deux chambres du Congrès, au sein desquelles la coalition de gauche au pouvoir est minoritaire. L’intégralité des 155 sièges de la Chambre des députés et 23 des 50 sièges du Sénat sont en jeu.
A l’issue de ces scrutins, la droite pourrait contrôler simultanément la présidence et les deux chambres du Congrès pour la première fois depuis la fin de la dictature Pinochet en 1990. Avec une majorité des quatre-septièmes dans chacune des deux chambres, elle pourrait même engager des réformes constitutionnelles.
(Sarah Morland, Fabian Cambero, Natalia Ramos, avec Daina Beth Solomon, version française Bertrand Boucey, édité par)
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Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
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Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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