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Starmer résiste aux appels à la démission venus de son propre camp

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par Elizabeth Piper, Sarah Young et Andrew MacAskill

LONDRES, 12 mai (Reuters) – Le Premier ministre britannique Keir Starmer restait sourd mardi aux appels à la démission venus de son propre camp, disant à ses ministres qu’il allait « continuer à gouverner » malgré ce qu’il a qualifié lui-même de 48 heures « déstabilisantes » pour le pays et le départ de plusieurs membres de son gouvernement.

Lors d’une réunion avec son équipe ministérielle, le locataire du 10, Downing Street, au pouvoir depuis juillet 2024, ​a une nouvelle fois ‌endossé la responsabilité – comme lors de son appel à la stabilité et ​à l’unité de lundi – de la ⁠déroute historique de sa formation aux élections locales du 7 mai.

Mais il a assuré qu’aucune démarche n’avait ‌été enclenchée visant à le remplacer ‌à la tête du gouvernement.

« Le Parti travailliste dispose d’une procédure permettant de contester le leadership, mais celle-ci n’a pas été déclenchée », a déclaré Keir Starmer, selon ses services.

À l’issue de la réunion, plusieurs ministres de premier plan ont apporté leur soutien au chef du gouvernement, ​le ministre des Retraites, Pat McFadden, déclarant aux journalistes que personne n’avait contesté l’autorité du Premier ministre au sein du cabinet et qu’il y avait eu au contraire « de nombreuses déclarations de soutien à l’égard du travail qu’il accomplit ».

Plus tard dans la journée, le vice-Premier ministre David Lammy a assuré Keir Starmer de son « plein soutien ».

« Personne ne semble bénéficier de suffisamment de soutiens pour s’opposer à Starmer », a-t-il ajouté.

D’autres, dont des médias britanniques avaient auparavant rapporté qu’ils étaient favorables à un départ de ⁠Keir Starmer, sont partis sans dire un mot, à l’instar de la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood et de la ministre des Affaires étrangères ⁠Yvette Cooper.

Quatre sous-secrétaires d’Etat ont annoncé leur démission : Miatta Fahnbulleh (logement et collectivités), Alex Davies-Jones (victimes), Zubir Ahmed (santé) et Jess Philipps (chargée de la lutte contre les violences faites aux femmes), qui a dit ne pas voir « de signe du changement que le pays attend ».

REMOUS SUR LES MARCHÉS FINANCIERS

Près de 80 députés travaillistes, issus de différentes tendances idéologiques du parti, se disent favorables à ce que Keir Starmer fixe un calendrier en vue de son départ de la tête du ⁠parti ‌et du gouvernement.

Aux termes du règlement du Labour, qui n’a jamais évincé un Premier ministre issu de ses rangs en ⁠125 ans d’histoire, une motion de défiance à l’encontre du Premier ministre au profit d’un remplaçant doit ​recueillir les signatures de ​20% du groupe parlementaire, soit 81 députés.

En réaction aux incertitudes politiques, les rendements obligataires à long terme du Royaume-Uni ont atteint dans la matinée leur ​plus haut niveau depuis près de 30 ans, tandis que la livre sterling se déprécie nettement.

Le rendement de référence des Gilts à long terme, celui à 20 ans et celui à 30 ans, ‌les plus sensibles aux risques budgétaires, ​ont atteint mardi leur plus haut niveau depuis 1998, s’établissant respectivement à 5,76% et 5,81%.

Le rendement du Gilt à 10 ans s’est envolé pour atteindre ​5,13%, un pic de 16 ans. La livre sterling perd 0,63% face au dollar.

« Les dernières 48 heures ont été déstabilisantes pour le gouvernement et cela comporte un vrai coût économique pour notre pays et nos familles », a dit Keir Starmer à ses ministres, selon ses services.

« Le pays attend de nous que nous continuions à gouverner. C’est ce que je fais et c’est que nous devons faire en tant que gouvernement », a-t-il ajouté.

Keir Starmer est le quatrième Premier ministre britannique en cinq ans. Les initiatives à son encontre ⁠interviennent la veille du discours du roi, lors duquel Charles III ouvrira formellement la deuxième session du Parlement élu en 2024 et présentera les réformes à venir de l’exécutif.

Lire également : PORTRAIT-Deux ans après son triomphe, le mal aimé Keir Starmer tente ​de sauver sa place

(Version française Benoit Van Overstraeten, Etienne Breban et Tangi Salaün, avec ​Diana Mandiá, édité par Jean-Stéphane Brosse et Sophie Louet)

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