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L’Europe finit en baisse avec la résurgence de l’inflation aux USA et les tensions géopolitiques

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par Claude Chendjou

PARIS, 12 mai (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé en baisse mardi et Wall Street était également dans le rouge à mi-parcours, les indicateurs macroéconomiques du jour confirmant les craintes d’une résurgence de l’inflation et d’une dégradation des perspectives en l’absence d’avancées dans les négociations entre les Etats-Unis et l’Iran.

À Paris, le CAC 40 a fini sur une perte de 0,95% à 7.979,92 points. Le Footsie britannique a reculé de 0,04%, ses pertes étant limités par la vigueur des cours du pétrole. Le Dax allemand a reflué de 1,62%.

L’indice EuroStoxx 50 a perdu 1,48%, le FTSEurofirst 300 1% et le Stoxx 600 1,01%.

Au moment de la clôture en Europe, le Dow ​Jones recule de 0,38%, le Standard & Poor’s ‌500 de 0,86% et le Nasdaq de 1,67%.

Le président Donald Trump a déclaré que le cessez-le-feu temporaire annoncé il ​y a près de cinq semaines par les ⁠Etats-Unis et l’Iran était « sous assistance respiratoire », suggérant une reprise des frappes.

« Il est évident que nous avons enregistré de nombreuses fluctuations ces dernières semaines: on a ‌d’abord cru qu’il n’y avait plus d’espoir, puis on ‌a retrouvé beaucoup d’espoir, avant de retomber dans le pessimisme. Il est donc très difficile de prévoir l’issue finale », constate Sandra Horsfield, économiste chez Investec.

La guerre américano-israélienne contre l’Iran, qui en est désormais à sa 11e semaine, a propulsé les prix du pétrole à des niveaux stratosphériques et alimenté les craintes d’une inflation galopante.

Les chiffres des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis, publiés ce mardi, montrent que l’inflation ​a progressé en avril de 3,8% sur un an, à un sommet de près de trois ans, signe d’une persistance d’un choc de prix dont les effets pourraient durer.

« Tant que les prix de l’énergie resteront à ces niveaux et continueront d’augmenter, les risques que l’inflation énergétique se propage à d’autres composantes de l’économie s’accroissent », a souligné pour Reuters Peter Cardillo, chef économiste chez Spartan Capital Securities.

« Cela signifie certainement que le nouveau président de la Fed aura les mains liées au point que la Fed ne devrait pas baisser les taux cette année », a-t-il ajouté, faisant référence à Kevin Warsh, le candidat choisi par Donald Trump avec l’espoir qu’il défendra auprès de la Fed une réduction des coûts d’emprunt alors que sa nomination ⁠doit être confirmée par le Sénat.

Outre les craintes liées à l’inflation, le moral des propriétaires de petites entreprises aux Etats-Unis est resté pessimiste en avril, selon la Fédération nationale des entreprises indépendantes (NFIB). En Europe, l’indice Zew mesurant le ⁠moral des investisseurs allemands est lui ressorti en mai à -10,2.

Signe de la prudence des marchés, les indices de la volatilité à Wall Street et sur l’EuroStoxx 50 sont repartis à la hausse, tandis que les rendements obligataires longs ont continué de se tendre avec un dollar qui s’est raffermi et des cours de pétrole au-dessus de la barre symbolique des 100 dollars.

VALEURS EN EUROPE

Capgemini (-2,50%), Sopra Steria (-1,90%), SAP (-1,43%), Planisware (-2,42%), Publicis (-1,37%) ou encore WPP (-3,92%) ont fini dans le rouge après le lancement par OpenAI d’une nouvelle division de quatre milliards de dollars destinée à soutenir le développement de l’intelligence artificielle (IA) en entreprise, ravivant les inquiétudes quant à une possible « disruption » dans le secteur technologique européen (-3,13%).

L’opérateur de ⁠satellites SES a ‌grimpé de 5,22% après avoir dépassé les attentes au premier trimestre, à la faveur d’une solide performance dans la connectivité aérienne et les infrastructures européennes.

Siemens Energy a abandonné ⁠5,05% après la publication de ses résultats, l’annonce d’un plan de rachat d’actions et le lancement d’une procédure visant à obtenir le remboursement des droits ​de douane américains.

Bayer a grimpé de ​3,67% après avoir fait état d’une augmentation de 9% de son bénéfice d’exploitation trimestriel, bien supérieure aux attentes du marché.

NatWest a reculé de 3,19%, Lloyds de 4,35% et Barclays de 3,30%, en tête des plus fortes baisses de ​l’indice bancaire européen (-1,86%), dans la crainte de nouvelles taxes contre le secteur en cas d’arrivée d’un nouveau Premier ministre au Royaume-Uni.

Intertek a progressé de 6,42%, le groupe suédois de capital-investissement EQT ayant fait une offre de rachat améliorée de 9,4 milliards de livres sterling (11,18 milliards d’euros) pour la société britannique de ‌tests de produits.

PÉTROLE

Le pétrole est porté par les ​profondes divergences entre les Etats-Unis et l’Iran sur une proposition visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, ce qui ravive les craintes sur l’approvisionnement en brut.

Le Brent bondit de 3,31% à 107,66 dollars le baril et ​le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) grimpe de 3,49% à 101,50 dollars, après avoir tous deux déjà pris la veille près de 3%.

CHANGES

Le dollar gagne 0,42% face à un panier de devises internationales, soutenu par son statut d’actif refuge avec la poursuite des tensions au Moyen-Orient.

L’euro recule de 0,42%, à 1,1734 dollar,

La livre sterling s’échange à 1,3520 dollar, en repli de 0,62%, après avoir touché en séance un creux depuis fin avril, à 1,3503 dollar, les appels à la démission du Premier ministre britannique Keir Starmer se multipliant, y compris dans son propre camp.

TAUX

Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans prend 4,1 points de base, à 4,452%, en réaction aux chiffres de l’inflation et de l’impact des tensions géopolitiques.

Celui du Bund allemand à dix ans a fini ⁠sur un gain de 5,5 points de base, à 3,098% et le deux ans à 2,708% contre 2,667% à l’ouverture. Les marchés anticipent désormais trois hausses de taux d’intérêt de la Banque centrale européenne (BCE) cette année.

Le rendement des Gilts britanniques à long terme, les plus sensibles aux risques budgétaires, ont atteint mardi leur plus haut niveau depuis 1998, s’établissant respectivement à 5,73% ​et 5,80%.

Celui du Gilt à dix ans a grimpé à 5,107%, après avoir touché en séance un pic de 16 ans.

A SUIVRE ​MERCREDI :

(Rédigé par Claude Chendjou, avec la contribution d’Amanda Cooper, édité par Blandine Hénault)

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