Les déplacés libanais commencent à rentrer chez eux à la faveur du cessez-le-feu
par Laila Bassam et Thomas Suen
BEYROUTH/QASMIYEH, Liban, 17 avril (Reuters) – Des personnes déplacées par la guerre au Liban ont commencé à rentrer chez elles vendredi, ne serait-ce que pour vérifier si leurs maisons sont toujours debout, nombre d’entre elles n’ayant pas l’intention de rester de crainte que l’accord de cessez-le-feu conclu avec Israël ne tienne pas.
Dans la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah pro-iranien pilonné pendant des semaines par l’aviation israélienne, de nombreux immeubles ont été réduits à l’état de gravats.
« J’ai inspecté ma maison et, Dieu merci, le bâtiment tient toujours debout », a déclaré Ali Hamza, un habitant du quartier de Dahiyeh.
L’homme n’a pas pour autant l’intention de s’y réinstaller à court terme. « Les gens ont peur de revenir et il est impossible de vivre dans ces conditions, avec ces odeurs », souligne-t-il.
Malgré l’annonce jeudi soir par le président américain Donald Trump d’un accord de cessez-le-feu de dix jours, entré en vigueur à minuit, l’armée libanaise a appelé les habitants du Sud-Liban à ne pas rentrer chez eux dans l’immédiat et a fait état de bombardements israéliens sporadiques dans plusieurs villages de la région.
L’armée israélienne n’a fait aucun commentaire dans l’immédiat.
A Qasmiyeh, dont le pont sur le fleuve Litani a été bombardé jeudi par Israël – comme tous les autres ponts du Sud-Liban auparavant -, une voie de passage a néanmoins été rouverte pour permettre aux habitants de circuler.
A Nabatieh, une ville qui comptait quelque 75.000 habitants avant la guerre, aujourd’hui en grande partie détruite, certains se disent déterminés à rester chez eux mais d’autres n’en ont plus le courage.
« Tout est détruit, c’est invivable. Invivable. Nous prenons nos affaires et nous repartons », a déclaré à Reuters Fadel Badreddine, venu avec son jeune fils et sa femme. « Que Dieu mette fin à tout cela de façon définitive – pas temporaire – afin que nous puissions retourner dans nos maisons et sur nos terres. »
ISRAËL ENTEND MAINTENIR UNE « ZONE DE SÉCURITÉ »
La guerre déclenchée par des tirs de roquettes du Hezbollah contre Israël le 2 mars, en soutien à l’Iran, a fait plus de 2.100 morts au Liban et contraint quelque 1,2 million de personnes à fuir leur foyer, selon les autorités libanaises.
Donald Trump a déclaré que le Liban et Israël allaient travailler à la conclusion d’un accord à plus long terme, et a indiqué que Beyrouth avait accepté de « s’occuper du Hezbollah », dont le désarmement est resté lettre morte à l’issue d’un précédent accord de cessez-le-feu.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré qu’il n’avait pas accepté la demande du Hezbollah de retirer les forces qui occupent une partie du Sud-Liban, et qu’il entendait maintenir une vaste « zone de sécurité » jusqu’à la frontière avec la Syrie.
Le Hezbollah a de son côté estimé que la présence de soldats israéliens sur le territoire libanais donnait au Liban et à son peuple le « droit de résister ».
Israël dit vouloir conserver le contrôle du territoire s’étendant jusqu’au fleuve Litani, qui coule parallèlement à la frontière, à une trentaine de kilomètres au nord de celle-ci, afin d’établir une « zone tampon » pour protéger les habitants du nord d’Israël des attaques du Hezbollah.
L’armée israélienne, qui avait ordonné l’évacuation de tous les habitants de la région, y a détruit de nombreux villages et infrastructures pendant les six semaines de guerre.
(Laila Bassam à Beyrouth et Thomas Suem à Qasmiyeh, avec la contribution d’Aziz Taher à Nabatiyeh et d’Ahmed Kerdi à Beyrouth, rédigé par Tom Perry ; version française Tangi Salaün, édité par)
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