Le président serbe Vucic quitte la direction de son parti
BELGRADE (Reuters) – Le président serbe Aleksandar Vucic a démissionné de la direction du Parti serbe du progrès (SNS) après d’importantes manifestations contre son régime en réaction à deux fusillades de masse dans le pays au début du mois, mais pas de la présidence.
Aleksandar Vucic a désigné le ministre de la Défense, Milos Vucevic, pour le remplacer à la tête du parti lors d’un congrès du groupe politique à Kragujevac, dans le centre de la Serbie. Sa démission et son remplacement doivent être officiellement acceptés lors d’une session à huis clos du congrès.
Les partis d’opposition et les organismes de surveillance des droits de l’homme accusent Aleksandar Vucic et le SNS d’autocratie, d’entrave à la liberté des médias, de violence à l’encontre des opposants politiques, de corruption et de liens avec le crime organisé. Des accusations rejetées par Aleksandar Vucic et ses alliés.
Vendredi, des dizaines de milliers de personnes venues de toute la Serbie et des pays voisins, le Kosovo, le Monténégro et la Bosnie, se sont rassemblées dans le centre de Belgrade pour manifester leur soutien au président serbe, à la suite des grandes manifestations antigouvernementales organisées après deux fusillades qui ont fait 18 morts au début du mois.
Une autre manifestation anti-gouvernementale est prévue plus tard dans la journée de samedi.
Aleksandar Vucic a déclaré durant le congrès qu’il resterait chef de l’État et membre du parti. « Je ne quitterai jamais ce parti, je suis fier d’avoir dirigé le meilleur parti pendant toutes ces années », a-t-il dit aux délégués qui l’acclamaient.
Il est devenu président du SNS en 2012, en remplacement de Tomislav Nikolic, qui occupait ce poste depuis 2008, date à laquelle le groupe politique, qui émane du Parti radical serbe ultranationaliste, a été créé.
Aleksandar Vucic a été vice-Premier ministre puis Premier ministre, avant d’être élu président en 2017 et de nouveau en 2022. Son deuxième et dernier mandat expire en 2027. Avec ses alliés, le SNS détient la majorité des 164 sièges du Parlement, qui en compte 250.
(Reportage Aleksandar Vasovic ; version française Kate Entringer)
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