En Bolivie, l’opposition appelle au départ d’Evo Morales
LA PAZ (Reuters) – L’opposition bolivienne, qui mène la contestation dans les rues du pays, a durci sa position à l’égard du président sortant Evo Morales, appelant celui-ci à quitter le pouvoir et rejetant l’audit de l’élection présidentielle du mois dernier dont le dirigeant socialiste a été donné gagnant au premier tour.
Les manifestations ont débuté dans la capitale La Paz lorsque le Tribunal électoral suprême (TSE) a interrompu de manière inattendue les projections sur son site quand un second tour entre Evo Morales et son principal rival, Carlos Mesa, se profilait après dépouillement de 84% des bulletins de vote.
Evo Morales, au pouvoir depuis près de 14 ans, rejette les accusations de fraude électorale.
Des partisans du dirigeant socialiste et ceux de Carlos Mesa se sont affrontés en marge des rassemblements. Deux personnes sont mortes lors de heurts mercredi dans l’est du pays, les premières victimes rapportées depuis le début de la contestation dès la fermeture des bureaux de vote le 20 octobre.
Face à la pression de la rue, le gouvernement sortant a accepté que l’Organisation des Etats américains (OAS) mène un audit officiel de l’élection présidentielle. Une trentaine d’experts de l’OAS ont entamé jeudi cet audit qui devrait durer une quinzaine de jours.
Mais Carlos Mesa, à la tête du pays de 2003 à 2005, a mis en doute l’intégrité du processus et l’opposition demande désormais la tenue de nouvelles élections sans Evo Morales.
Le ministère des Affaires étrangères a répondu vendredi aux accusations de fraude électorale en demandant à l’opposition de présenter des preuves à l’OAS. Diego Pary a déclaré que Carlos Mesa avait dû être en mesure de récupérer des copies de tous les bulletins dépouillés par ses délégués dans les bureaux de vote.
(Vivian Sequera et Daniel Ramos; Jean Terzian pour le service français)
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