Villeroy (BdF): Le « quoi qu’il en coûte » impossible face à l’inflation
PARIS (Reuters) – L’Etat français ne peut pas se permettre de supporter seul les retombées de la crise ukrainienne en protégeant totalement les ménages et les entreprises des effets de l’inflation, a déclaré jeudi le gouverneur de la Banque de France dans sa lettre annuelle au président de la République.
Alors que le nouveau gouvernement s’apprête à dévoiler le contenu de son projet de loi sur le pouvoir d’achat, François Villeroy de Galhau estime que les ménages doivent se préparer à une baisse temporaire de leur pouvoir d’achat et les entreprises à une diminution de leurs marges en raison de l’inflation, l’Etat n’étant pas en mesure de répliquer la politique du « quoi qu’il en coûte » menée pendant la crise du COVID-19.
Rappelant que la Banque centrale européenne (BCE) va commencer à relever ses taux d’intérêt directeurs dans quelques semaines, il ajoute que les problèmes économiques dont souffre la France ne peuvent plus être traités par l’accroissement de la dette publique.
« Clairement, l’ère des taux d’intérêt négatifs ou nuls est révolue; nous devons sortir de l’illusion si séduisante, mais si dangereuse d’une dette publique française sans coût et sans limites », écrit-il.
Le gouverneur de la banque centrale nationale prône donc une stratégie de désendettement « ambitieuse et crédible » en soulignant que la crédibilité de la France au sein de l’Union européenne comme auprès des investisseurs est en jeu.
Pour François Villeroy de Galhau, le gouvernement et le Parlement doivent fixer une « norme de dépenses » assurant une augmentation limitée sans aller jusqu’à une baisse générale, tout en engageant des réformes économiques, dont celle des retraites, selon lui « économiquement souhaitable » même s’il reconnaît qu’elle est « délicate ».
(Reportage Leigh Thomas, version française Marc Angrand)
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