La Coordination rurale veut durcir la mobilisation des agriculteurs
PARIS (Reuters) -Les agriculteurs français ont entamé mardi un deuxième jour de mobilisation contre un accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et le Mercosur, le marché unique sud-américain, avec l’entrée dans le mouvement de la Coordination rurale, qui souhaite durcir les actions de protestation.
« Nos actions se durcissent parce que c’est une question de survie et qu’on veut un avenir pour nos jeunes », a déclaré sur BFMTV Véronique Le Floc’h, présidente de la Coordination rurale.
Contrairement à la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) et aux Jeunes agriculteurs, qui ont répété qu’ils ne voulaient pas perturber la vie quotidienne des Français, la Coordination rurale pourrait envisager de bloquer Toulouse si ses revendications n’étaient pas entendues.
La Coordination rurale menace également de bloquer des centrales d’achat et certains de ses membres se dirigeaient mardi vers la frontière franco-espagnole avec l’intention de la bloquer.
La FNSEA et les Jeunes agriculteurs ont lancé le mouvement lundi avec 85 points de manifestations à travers la France.
Les agriculteurs de l’UE redoutent que la détermination de Bruxelles et du Mercosur à conclure d’ici à la fin de l’année des négociations commerciales de longue haleine les expose à la concurrence de produits agricoles importés moins chers et qui ne sont pas soumis aux mêmes normes que les produits nationaux.
En déplacement au Brésil, où il prend part au sommet du G20, le président Emmanuel Macron a réaffirmé lundi soir que Paris ne signerait pas l’accord en l’état.
Alors que la France n’est pas en mesure de bloquer à elle seule la potentielle conclusion d’un accord, Emmanuel Macron a assuré qu’elle n’est « pas isolée » dans son opposition, « plusieurs pays » étant sur la même ligne.
Matignon a pour sa part annoncé mardi que le gouvernement proposait la tenue d’un débat sur le Mercosur au Parlement, suivi d’un vote.
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a précisé lors des questions au gouvernement que ce débat aurait lieu dès le 26 novembre.
Une crise similaire avait éclaté l’hiver dernier en raison de l’augmentation par « solidarité » des importations agricoles en provenance d’Ukraine à la suite de l’invasion à grande échelle de la Russie.
La situation des agriculteurs français est d’autant plus difficile que leurs récoltes ont été durement affectées par la pluie cet été, tandis que les éleveurs ont été confrontés à une série d’épidémies.
(Rédigé par Kate Entringer, avec Jean-Stéphane Brosse, Michel Rose et la rédaction de Paris, édité par Augustin Turpin)
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