USA: Le directeur général d’OpenAI, Sam Altman, démis de ses fonctions
par Jeffrey Dastin, Anna Tong, Samrhitha A et Krystal Hu
(Reuters) – Sam Altman, directeur général d’OpenAI, la start-up d’intelligence artificielle (IA) à l’origine du robot conversationnel ChatGPT, a été brutalement limogé vendredi à la surprise générale du petit monde de la tech californienne.
La directrice technique d’OpenAI, Mira Murati, occupera le poste de directrice général par intérim, a déclaré l’entreprise, précisant qu’elle entamerait les démarches pour trouver un nouveau directeur général.
« Le départ de (Sam) Altman intervient après un examen mené par le conseil d’administration, qui a conclu que (Sam Altman) n’avait pas toujours été franc dans ses communications avec le conseil, ce qui a entravé sa capacité à exercer ses responsabilités », a écrit OpenAI dans un message publié sur le blog de la société, sans fournir plus de détails.
Le co-fondateur et président d’OpenAI, Greg Brockman, a annoncé sa démission dans la foulée dans un message publié sur le réseau social X, anciennement Twitter. « Au vu de l’annonce de ce soir, je démissionne », a-t-il écrit.
Ces deux départs ont surpris de nombreux employés d’OpenAI qui ont appris la nouvelle dans un message interne. Greg Brockman lui-même a avoué avoir été informé seulement quelques minutes avant l’annonce officielle.
« Nous sommes tous les deux en train d’essayer de comprendre exactement ce qu’il s’est passé », a-t-il dit sur X (ex-Twitter).
Le conseil d’administration désormais réduit à quatre personnes comprend trois administrateurs indépendants, qui ne détiennent aucune participation dans OpenAI, et l’informaticien Ilya Sutskever, « scientifique en chef » de la société.
Soutenu par Microsoft à coups de milliards de dollars, OpenAI a déclenché une frénésie médiatique il y a un an avec le lancement de ChatGPT, son robot conversationnel à base d’intelligence artificielle générative.
Les possibilités offertes par cet outil et d’autres du même type capables de créer des contenus assimilables à des productions humaines (textes, images, vidéos, etc.) ont conduit les gouvernements à revoir en hâte leurs outils de régulation.
MICROSOFT EN EMBUSCADE
Sam Altman, devenu le visage de ce nouveau phénomène de l’IA générative, a réagi à son limogeage sur X en déclarant : « J’ai adoré mon temps passé à OpenAI. Cela a été transformateur pour moi personnellement, et je l’espère pour le monde un peu aussi. Avant tout, j’ai adoré travaillé avec tant de gens talentueux. J’en dirai davantage plus tard sur la suite. »
Mira Murati, qui a travaillé pour le fabricant de véhicules électriques Tesla, a rejoint OpenAI en 2018. Elle a supervisé le lancement de plusieurs produits dont ChatGPT.
Lors d’une réunion convoquée en urgence après l’annonce du limogeage d’Altman, elle s’est efforcée de rassurer les employés de la société en déclarant que le partenariat avec Microsoft n’était pas remis en cause et que la direction du géant de la technologie, dont son directeur général Satya Nadella, continuaient d’avoir pleinement confiance dans la startup, a déclaré une source à Reuters.
Ce remaniement brutal n’est pas le premier dans la jeune histoire d’OpenAi, lancée en 2015, dont le patron de Tesla Elon Musk fut un moment le vice-président. En 2020, des cadres de la société ont claqué la porte pour fonder Anthropic, une entreprise concurrente, en affirmant prendre davantage en compte les enjeux de sécurité liés à l’IA.
Les implications, notamment financières, du départ de Sam Altman, passé maître dans les tractations qui ont contribué à faire passer en un an la valorisation de la société de 29 à plus de 80 milliards de dollars (73,3 milliards d’euros), restent à déterminer.
« C’est un choc et Altman a été un élément clé dans la recette du succès d’OpenAI », a commenté Daniel Ives, un analyste de Wedbush Securities. « Cela étant dit, nous sommes convaincus que Microsoft et Nadella exerceront un plus grand contrôle sur OpenAI maintenant qu’Altman est parti. »
« L’innovation créée par OpenAI est plus grande qu’une ou deux personnes, et il n’y a pas raison de penser qu’OpenAI cédera sa position de leader », a estimé un autre analyste, Gil Luria, de la société de gestion de portefeuille D.A. Davidson.
(Reportage Samrhitha Arunasalam à Bangalore, Jeffrey Dastin et Anna Tong à San Francisco, et Krystal Hu à New York; version française Camille Raynaud et Jean-Stéphane Brosse)
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