La prime de risque sur la dette française proche de son plus haut en 12 ans
par Stefano Rebaudo
(Reuters) – La prime de risque exigée par les investisseurs pour détenir de la dette française plutôt que des Bunds allemands s’est stabilisée près de ses niveaux les plus élevés depuis plus de 12 ans mardi, alors que le gouvernement français est presque certain d’être censuré dans le courant de la semaine.
Sauf surprise de dernière minute, la fragile coalition du Premier ministre Michel Barnier sera le premier gouvernement français à être contraint à la démission par une motion de censure depuis 1962, ce qui bloquerait les mesures visant à réduire le déficit budgétaire.
Les rendements des obligations d’État allemandes à 10 ans ont légèrement augmenté après une série de huit jours de baisse liée à des perspectives économiques sombres, alors que la crise politique en France a incité les investisseurs à se précipiter sur les Bunds considérés comme une valeur refuge. Les prix des obligations d’Etat évoluent inversement aux rendements.
L’écart entre les rendements français et allemands – une mesure de la prime que les investisseurs exigent pour détenir la dette française – s’est resserré de 0,2 point de base à 86,70 points de base, après avoir atteint 90 points de base lundi, son niveau le plus élevé depuis 2012.
Le rendement à 10 ans de l’Allemagne, la référence pour la zone euro, était en hausse de 0,5 point de base à 2,04%.
Les marchés anticipent un taux de facilité de dépôt de la Banque centrale européenne (BCE) d’environ 1,8% en juillet, contre 1,87% depuis vendredi dernier, et ont totalement écarté une baisse de taux de 25 points de base le mois prochain. Ils estiment à moins de 20% les chances d’une baisse de 50 points de base.
Le rendement des obligations d’État allemandes à 2 ans – plus sensible aux attentes de la BCE en matière de taux d’intérêt – est resté pratiquement inchangé après avoir atteint un nouveau plus bas de 25 mois à 1,891%.
Le rendement des obligations d’État italiennes (BTP) à 10 ans – la référence pour la périphérie de la zone euro – s’est établi à 3,26%. L’écart de rendement des BTP était de 121 points de base.
(Reportage Stefano Rebaudo, version française Bertrand De Meyer, édité par Kate Entringer)
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