Gains limités en Europe à la veille des élections américaines
par Claude Chendjou
PARIS (Reuters) – Les Bourses européennes, à l’exception de Londres, ont terminé en hausse lundi et Wall Street, hormis le Nasdaq, évoluait également dans le vert à mi-séance dans un contexte d’optimisme en l’absence de nouveaux catalyseurs économiques.
La tendance positive en Europe a été soutenue lundi par le secteur du transport et des loisirs qui a permis de compenser la baisse des valeurs du luxe après la réaffirmation des autorités chinoises d’une poursuite de la politique « zéro COVID-19 », tandis qu’aux Etats-Unis, les gains sont limités à la veille des élections de mi-mandat.
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones avance de 0,59% et le Standard & Poor’s 500 de 0,12%, tandis que le Nasdaq reflue de 0,23%.
À Paris, le CAC 40 a fini à l’équilibre à 6.416,61 points. Le Dax allemand a pris 0,55%. Le Footsie britannique a en revanche fléchi de 0,48%.
L’indice EuroStoxx 50 a progressé de 0,55%, le FTSEurofirst 300 de 0,24% et le Stoxx 600 de 0,33%.
L’attentisme domine les échanges à Wall Street alors que les démocrates se préparent à vivre des élections de mi-mandat périlleuses mardi aux Etats-Unis, la perte possible d’au moins l’une des deux chambres du Congrès risquant d’affaiblir un peu plus un Joe Biden déjà fragilisé tout en remettant pleinement en selle Donald Trump en vue de la prochaine présidentielle.
Elon Musk, le nouveau propriétaire de Twitter, a par ailleurs appelé à l’élection d’un Congrès républicain.
Les investisseurs sont également dans l’attente de nouvelles données sur l’inflation américaine, qui pourraient influer sur la trajectoire des taux d’intérêt, un sujet qui a dominé les échanges la semaine dernière. Les marchés évaluent à 67% la probabilité d’un relèvement des taux aux Etats-Unis de 50 points de base en décembre, à 4,25%-4,50%.
En Europe, la séance a été animée essentiellement par les nouvelles en provenance de Chine: si les chiffres du commerce extérieur ont déçu, les marchés continuent de parier sur un assouplissement des restrictions sanitaires dans le pays, malgré le démenti officiel de Pékin.
Les actions européennes ont été soutenues par le compartiment du tourisme qui a profité des solides résultats de Ryanair, par la baisse du dollar et par l’amélioration du sentiment des investisseurs en zone euro depuis le début du mois sur fond de reflux des craintes sur l’énergie, l’indice Sentix étant ressorti à -30,9 points contre -31,8 en octobre.
VALEURS EN EUROPE
Parmi les grands secteurs de la cote européenne, les nouvelles technologies (+1,47%), le transport et les loisirs (+1,61%), ainsi que l’automobile (+1,31%) ont affiché les meilleures performances, tandis que l’une des baisses les plus fortes a été à l’actif de la santé (-0,28%).
La compagnie aérienne Ryanair, dont l’action a bondi de 3,78%, a publié au premier semestre le plus gros bénéfice de son histoire, entraînant dans son sillage, Air France (+1,75%), Lufthansa (+1,16%) et easyJet (+2,86%) notamment. Hong Kong a en outre assoupli les mesures de contrôle du COVID-19 pour les touristes voyageant en groupes.
Flutter Entertainment, le propriétaire de FanDuel, une société de paris sportifs, a également contribué à la bonne tenue du compartiment des loisirs, avec un gain de 4,23% à la suite d’une décision de justice dans son différend avec Fox Corp.
Côté baisse, LVMH et Hermès, exposés à la Chine, ont cédé respectivement 1,53% et 0,66%, tandis que Vinci a perdu 2,09%, une filiale du groupe étant convoquée par la justice pour des chantiers au Qatar.
A Milan, UniCredit a abandonné 1,86%, le Financial Times ayant fait état dimanche d’un désaccord entre la Banque centrale européenne (BCE) et le groupe italien sur la rémunération des actionnaires alors que l’institution de Francfort a dit lundi examiner en profondeur les projets des banques en la matière.
A WALL STREET
En fin de matinée à New York, les trois principaux indices de Wall Street évoluaient en ordre dispersé, certains analystes, à l’image de ceux de Wells Fargo, estimant que les résultats des élections de mi-mandat ne devraient pas modifier considérablement les perspectives en terme croissance du produit intérieur brut (PIB) ou d’inflation aux Etats-Unis.
Aux valeurs, Apple reculait de 1,12%, le groupe ayant dit s’attendre à des livraisons plus faibles que prévu pour son iPhone 14 Pro en raison des restrictions sanitaires en Chine.
Meta Platforms prenait 4,82% en réaction à un article du Wall Street Journal selon lequel la maison mère de Facebook prévoit le licenciement de milliers de personnes.
CHANGES
L’appétit pour le risque se traduit par un repli (-0,4%) du dollar face à un panier de devises de référence.
L’euro en profite pour prendre 0,54% à 1,0014 dollar, soutenu notamment par les chiffres meilleurs que prévu de la production industrielle en Allemagne en septembre et l’amélioration du moral des investisseurs en zone euro ce mois-ci.
TAUX
Les rendements obligataires progressent légèrement dans l’attente jeudi des chiffres mensuels des prix à la consommation aux Etats-Unis. Les chiffres définitifs de l’inflation en Allemagne seront quant à eux publiés vendredi.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a pris environ trois points de base à 2,322%, tandis que son équivalent américain de même échéance avance de cinq points à 4,21%.
PÉTROLE
Les cours pétroliers sont portés par l’espoir d’un allègement des restrictions sanitaires en Chine malgré le démenti officiel des autorités. Le Wall Street Journal, citant des sources, écrit lundi que les dirigeants chinois envisagent une réouverture progressive de l’économie après près de trois ans de strict contrôle de la pandémie.
Le Brent prend 0,33% à 98,9 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 0,46% à 93,04 dollars le baril.
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Sophie Louet)
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