BNP Paribas sous les attentes au quatrième trimestre mais relève ses objectifs 2025
par Mathieu Rosemain et Matthieu Protard
PARIS (Reuters) – BNP Paribas a reçu un accueil mitigé mardi sur les marchés après avoir fait état de résultats sous les attentes au quatrième trimestre en raison notamment de coûts plus élevés qu’attendu et avoir relevé ses objectifs financiers à horizon 2025.
Après s’être retournée à la baisse dans les premiers échanges à la Bourse de Paris, l’action BNP Paribas est finalement revenue en territoire positif et gagnait 1,251% à 61,51 euros vers 10h15. Au même moment, l’indice bancaire européen progresse de 0,73%.
Au quatrième trimestre 2022, la première banque de la zone euro a vu son résultat net reculer de 6,7% à 2,15 milliards d’euros en raison d’une hausse de son coût du risque (+51,6%) et de ses frais de gestion (+6,8%).
Pour les analystes de Credit suisse et de JPMorgan, les charges sur le trimestre sont plus élevées qu’anticipé. Selon les données Refinitiv, les analystes attendaient en moyenne un bénéfice net trimestriel de 2,37 milliards d’euros.
L’établissement bancaire, dont les comptes 2022 ont profité de la vente de la filiale américaine Bank of the West, a dans le même temps indiqué viser une croissance annuelle moyenne de plus de 9% de son résultat net entre 2022 et 2025 contre une précédente prévision d’une hausse de plus de 7%.
Il dit aussi s’attendre en 2025 à une rentabilité de ses fonds propres d’environ 12% contre une prévision au-dessus de 11% précédemment, avec des économies de coûts relevées à 2,3 milliards d’euros à horizon 2025 contre 2 milliards auparavant.
« Ce sont des révisions à la hausse qui sont assez significatives et pas si fréquentes », a souligné Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de BNP Paribas, lors d’une conférence de presse téléphonique.
Il a à cette occasion redit que la banque n’était pas intéressée par une éventuelle acquisition d’Orange Bank, filiale bancaire de l’opérateur télécoms Orange.
FORTE ACTIVITÉ SUR LES TAUX, CHANGES ET MATIÈRES PREMIÈRES
BNP Paribas prévoit cette année de lancer deux rachats d’actions pour un montant global de cinq milliards d’euros. Ce programme de rachats d’actions est en grande partie lié à la cession de Bank of the West.
La semaine dernière, le suisse UBS a prédit pour 2023 une année « incertaine » en raison des retombées de la guerre en Ukraine et de la perte de confiance des clients, en dépit d’un bénéfice net meilleur que prévu pour 2022.
Malgré un quatrième trimestre supérieur aux attentes, Deutsche Bank a de son côté pâti des inquiétudes des analystes pour lesquels la banque allemande reste vulnérable face aux difficultés économiques, à la guerre en Ukraine et aux contraintes réglementaires.
Dans ses activités de marché, BNP Paribas a vu ses revenus grimper de près de 24% entre octobre et décembre, tirés par les taux, changes et matières premières (+44,8%).
En revanche, dans le trading actions, les revenus ont reculé de 3,4%.
« La demande de la clientèle est moins soutenue ce trimestre dans les marchés actions, notamment en dérivés », souligne le groupe.
La banque prévoit de verser à ses actionnaires un dividende de 3,90 euros par action, soit un taux de distribution des bénéfices de 50%.
(Reportage Mathieu Rosemain et Matthieu Protard, édité par Bertrand Boucey et Kate Entringer)
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