La Corée du Sud n’exclut pas un recours à un arbitrage d’urgence pour éviter une grève à Samsung
SÉOUL, 17 mai (Reuters) – La Corée du Sud va explorer toutes les options, incluant un arbitrage d’urgence, pour éviter une grève du syndicat de Samsung Electronics, le plus grand employeur du pays, a déclaré dimanche le Premier ministre Kim Min-seok.
Les négociations salariales entre le syndicat et Samsung – plus grand fabricant mondial de puces de mémoires – menées sous l’égide du gouvernement vont reprendre lundi après avoir échoué plus tôt dans la semaine.
Vendredi, le syndicat a déclaré qu’il était disposé à entamer de nouvelles discussions après le 7 juin, tout en maintenant son projet de grève de 18 jours à partir du 21 mai, ce qui pourrait perturber la production du fabricant de puces.
Mécontent de ce qu’il qualifie d’écart considérable en matière de primes par rapport au fabricant de puces rival SK Hynix, le syndicat a averti que plus de 50.000 travailleurs pourraient se mettre en grève la semaine prochaine.
« Un seul jour de débrayage à l’usine de semi-conducteur de Samsung Electronics coûterait jusqu’à 1 trillions de wons (667,78 milliards de dollars) de pertes directes, a déclaré Kim Min-seok après une réunion d’urgence du gouvernement dimanche.
« Ce qui est plus inquiétant est qu’une pause sur les lignes de manufacture des semi-conducteurs mènerait à des mois d’inactivité », a-t-il averti.
Un ordre d’arbitrage d’urgence permet de suspendre pour 30 jours au maximum toute action de grève et peut être invoqué par le ministère du Travail s’il estime que celle-ci peut porter atteinte à l’économie ou au quotidien des Sud-Coréens.
Cette option a rarement été prise et représenterait une rupture de la part d’un système considéré comme plutôt favorable aux syndicats.
Le syndicat de Samsung a déclaré dimanche ne pas vouloir céder à la pression d’une menace d’un arbitrage et qu’il n’accepterait pas d’accord salarial si l’entreprise présentait une proposition moins avantageuse.
Samsung représente 22,8% des exportations sud-coréennes et 26% du marché boursier national, employant plus de 120.000 personnes dans le pays et travaillant avec 1.700 fournisseurs, a précisé le Premier ministre.
(Reportage de Hyunjoo Jin, Heejin Kim et Jihoon Lee; version française Zhifan Liu)
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