Italie: Le blocage persiste autour du futur président
par Gavin Jones et Angelo Amante
ROME (Reuters) – L’Italie ne devrait toujours pas connaître le nom de son futur président de la République ce vendredi, les deux blocs de droite et de gauche ayant décidé de ne pas présenter de candidat au sixième tour de scrutin, le deuxième de la journée, faute de compromis sur une personnalité acceptable par les deux camps.
A droite, la Ligue et Forza Italia ont annoncé qu’ils s’abstiendraient lors de ce sixième tour. Les grands électeurs de gauche voteront blanc, pour leur part. Aucun des deux camps ne peut imposer son candidat faute de majorité absolue au sein du collège d’un millier de grands électeurs, composé essentiellement des élus des deux chambres du Parlement.
Un premier vote organisé vendredi, le cinquième depuis le début de la semaine, n’avait déjà pas permis de désigner le futur chef de l’Etat, la tentative des partis de droite de faire élire la présidente du Sénat, Elisabetta Casellati, s’étant soldée par un échec sans appel.
Longtemps considéré comme le favori, le président du Conseil, Mario Draghi, a vu ses chances diminuer au fil des jours, de nombreux parlementaires refusant de voter en sa faveur de crainte de faire éclater la coalition gouvernementale, mêlant droite et gauche, et de déclencher des législatives anticipées.
Le président de la République italienne, élu pour sept ans, n’a pour l’essentiel qu’un rôle honorifique mais il peut avoir une influence décisive sur la désignation du président du Conseil et peut dissoudre le Parlement.
Les tractations en coulisses depuis le début de la semaine paraissent de plus en plus difficiles.
Enrico Letta, le chef de file du Parti démocrate (PD, centre gauche), a jugé vendredi qu’il était désormais impossible de faire confiance à la droite.
« Ils nous ont menés en bateau ces trois derniers jours », a-t-il dit à des journalistes.
Une solution de compromis consisterait à réélire le président sortant, Sergio Mattarella, 80 ans, pour un deuxième mandat qu’il a jusqu’à présent exclu.
Deux membres du gouvernement ont déclaré à Reuters jeudi que cette issue était désormais probable.
(Avec Giuseppe Fonte, version française Marc Angrand et Bertrand Boucey, édité par Tangi Salaün)
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