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Coupe du monde 2026: Face à l’Espagne, une histoire à réécrire pour l’équipe de France

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L’équipe de France se trouve à une marche d’une troisième finale de Coupe du monde consécutive, qui viendrait confirmer une ère extraordinaire dans l’histoire du tournoi, avec sur sa route l’Espagne (mardi 19h00 GMT), championne d’Europe en titre qui s’est habituée ces dernières années à faire déchanter les Bleus.

L’entrée sur la pelouse du stade de Dallas, deux jours avant la demi-finale de la Coupe du monde de la FIFA 2026 entre la France et l’Espagne, à Arlington, au Texas (États-Unis), photo prise le 12 juillet 2026. REUTERS/Leonardo Benassatto

Il y a deux ans, la « Roja » avait effacé un déficit d’un but pour battre la France (2-1) en demi-finales de l’Euro allemand avant de conquérir un quatrième titre continental – un record. Et elle a encore battu les Bleus (5-4), également en Allemagne, en juin 2025, dans le dernier carré de la Ligue des Nations.

Leur troisième confrontation en trois ans, mardi à Dallas, encore en demi-finales, met en exergue à la fois la ​continuité dans les deux camps – sur les ‌bancs de touche ainsi que sur le terrain -, et tout ce qui a changé depuis lors chez les Bleus.

L’attaquant espagnol Lamine Yamal (19) frappe le ballon face à la Belgique lors d’un quart de finale de la Coupe du Monde de la FIFA 2026 au Los Angeles Stadium, Inglewood, Californie, États-Unis. /Photo prise le 10 juillet 2026/REUTERS/Imagn Images/Kirby Lee

Si plus de ​la moitié des joueurs sélectionnés en équipe de France ⁠pour cette Coupe du monde ont participé à l’Euro 2024, si sept titulaires pour la demi-finale face à l’Espagne il y a deux ans à Munich pourraient à ‌nouveau débuter le match à Dallas, les similitudes ne ‌sont en réalité plus légion.

Didier Deschamps, Adrien Rabiot et Kylian Mbappé durant le match de Coupe du monde opposant la France au Maroc. /Photo prise le 9 juillet 2026/REUTERS/Paul Childs

En quête de fluidité et d’impact offensif lors du dernier Championnat d’Europe, durant lequel elle avait avant tout reposé sur sa solidité défensive, l’équipe de France apparaît désormais plus équilibrée et portée par une attaque de feu, avec Kylian Mbappé (8 buts, à égalité avec Lionel Messi en tête du classement des buteurs du tournoi), Ousmane Dembélé (5 buts) et Michael Olise (meilleur passeur du Mondial, 5 passes décisives).

CONTRASTE

Le contraste est saisissant pour Kylian Mbappé. Gêné ​par une fracture du nez survenue lors du premier match de l’Euro 2024, le capitaine tricolore avait traversé le tournoi sans briller ni inscrire le moindre but dans le jeu, signant une seule réalisation, sur penalty, lors de la phase de groupes.

Ousmane Dembélé et Kylian Mbappé, lors d’un entraînement de l’équipe de France de football. /Photo prise le 6 juillet 2026/IMAGN IMAGES via Reuters/Winslow Townson

Plus largement, l’équipe de France dans son ensemble était à l’époque apparue en sous-régime. Antoine Griezmann avait peiné à trouver son rythme et à rayonner dans l’animation offensive. A part le penalty de Kylian Mbappé lors du troisième match de poules (contre la Pologne, 1-1), aucun but n’avait été marqué par un joueur des Bleus jusqu’à la demi-finale, quand Randal Kolo Muani avait ouvert le score contre l’Espagne.

Au moment de retrouver la « Roja », la dynamique tricolore est tout autre. Aux Etats-Unis, les joueurs de Didier Deschamps ont prouvé leur capacité à s’adapter à leurs adversaires, ⁠à faire bloc sans le ballon et, surtout, à se montrer plus créatifs, capables de fulgurances mais aussi de patience.

Deuxième meilleure attaque (16 buts) de la Coupe du monde, derrière l’Argentine (17), la France dispose d’options offensives sans pareilles, avec notamment Bradley Barcola ou Desiré ⁠Doué pour compléter le quatuor offensif aux côtés de Mbappé, Dembélé et Olise.

Face au Maroc (2-0) en quarts de finale, les Bleus ont prouvé qu’ils savaient s’adapter tactiquement, résistant à la pression de leur adversaire sans lui permettre de se créer de réelles occasions de but, avant de faire mouche coup sur coup en seconde période pour sceller le sort du match.

ÉQUILIBRE

Le défi, mardi soir, sera précisément de trouver le bon équilibre face à une équipe d’Espagne qui pourra s’appuyer en attaque sur Lamine Yamal, remis de la blessure à une cuisse qui l’a gêné en entame du tournoi, et qui n’a concédé qu’un seul but (en quarts de finale, face à la Belgique, 2-1).

Fidèle à sa stratégie, la sélection dirigée par Luis de la Fuente aime s’accaparer ⁠le ballon, comme ‌il y a deux ans, non pas pour multiplier les vagues offensives mais plutôt pour empêcher ses adversaires d’avancer et pour les faire craquer.

Les Belges ont toutefois montré qu’il était possible ⁠de contrecarrer les plans de la Roja en résistant à son pressing et en utilisant les espaces laissés derrière son milieu de terrain.

L’équipe de France semble la plus ​à même de profiter de quelconques ​failles espagnoles, avec sa vitesse et ses déplacements offensifs sur toute la largeur du terrain. Kylian Mbappé est capable de filer dans le dos des défenseurs, ce qui pourrait dissuader l’arrière-garde espagnole de jouer haut, et les mouvements d’Ousmane Dembélé et de ​Michael Olise font planer une interrogation constante sur l’origine du danger.

Reste à savoir si Didier Deschamps va demeurer fidèle à la structure des Bleus dans ce tournoi ou s’il choisira de densifier son milieu de terrain, alors que conserver quatre joueurs offensifs pourrait s’avérer à double tranchant si l’Espagne venait à contrecarrer les velléités tricolores.

AMBITIONS

Au sortir de ‌la victoire face à la Belgique au tour précédent, ​Luis de la Fuente a déclaré que l’Espagne était la seule équipe à avoir battu la France deux fois d’affilée. « Mais ce troisième match sera très différent », a-t-il ajouté, évoquant un affrontement entre deux équipes « de très haut niveau ».

La Roja ambitionne de réussir à ​nouveau le doublé Championnat d’Europe-Coupe du monde, après être devenue la première équipe à signer un triplé (Euro 2008, Mondial 2010 et Euro 2012).

Pour la France aussi, l’histoire est à portée de main. Si elle venait à battre l’Espagne, elle se qualifierait pour la cinquième finale mondiale de son histoire, en huit éditions du tournoi, après 1998, 2006, 2018 et 2022.

Il s’agirait alors pour les Bleus d’une troisième finale consécutive en Coupe du monde, ce qu’aucune équipe n’a réalisé depuis le Brésil entre 1994 et 2002.

Cette régularité trouve sa source dans la capacité de Didier Deschamps, qui quittera ses fonctions après le tournoi, à renouveler son équipe sans jamais délaisser sa culture de la gagne. La sélection de 2018 qui a décroché la deuxième étoile était basée sur une solidité défensive et une capacité à se projeter très rapidement vers l’avant, quand celle de 2022 ⁠a surtout été bâtie autour du talent de Kylian Mbappé.

Le cru 2026 semble plus cohérent, moins frileux offensivement et moins dépendant d’une solution unique. Il a nombre d’atouts, mais quelques lacunes, cependant, qu’une équipe de la trempe de l’Espagne pourrait être en mesure d’exploiter.

La Roja dispose de la qualité technique pour s’emparer du ballon et contrôler la possession dans le camp adverse, près de la surface de réparation, jusqu’à trouver ​une ouverture.

Elle peut aussi regarder dans le rétroviseur, avec les succès empochés face aux Bleus ces deux dernières années. Il n’est toutefois pas ​certain, mardi, qu’elle les reconnaisse.

(Reportage de Julien Pretot, avec Fernando Kallas; rédigé par Jean Terzian)

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