Décès de Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération
Le dernier compagnon de la Libération, Hubert Germain, s’est éteint mardi à l’âge de 101 ans, a fait savoir l’Elysée, rendant hommage à un « héros » qui fut une « haute silhouette rassurante et protectrice » pour ses hommes dans les combats de Bir-Hakeim au printemps 1942.
Fils d’un officier général issu des troupes coloniales, Hubert Germain prépare, au moment de la déclaration de guerre de septembre 1939, le concours de l’Ecole navale au lycée Michel-Montaigne de Bordeaux. Il y renonce, embarquant pour l’Angleterre avec trois camarades en juin 1940.
Il « trouva à Londres un écho au cri de sa conscience sur le papier qu’il signa à l’Olympia Hall lors de son engagement militaire, la France qu’il défendait avait désormais un nom, c’était la France libre, et le chef qu’il servait un visage, celui du général de Gaulle », a dit l’Elysée dans un communiqué. « Sa rébellion individuelle devenait une résistance collective. »
Devenu élève officier de marine, Hubert Germain étudie les alertes pendant la journée et participe la nuit à la lutte contre les raids allemands.
Affecté à l’état-major du général Legentilhomme au printemps 1941, commandant en Palestine la 1ère Division légère française libre destinée à intervenir au Levant, il rejoint par la suite, en février 1942, les rangs du 2e Bataillon à la 13e Demi-Brigade de Légion Etrangère (13e DBLE). Il y restera attaché à vie.
Hubert Germain participe alors à la campagne de Libye et se distingue dans les combats de Bir-Hakeim, du 27 mai au 11 juin 1942. Il est cité à l’ordre de l’armée pour ses qualités de leader et son courage.
Il est décoré de la Croix de la Libération par le général de Gaulle en Italie, fin juin 1944, une année durant laquelle il participe au débarquement de Provence en août et à la libération de Toulon, de la vallée du Rhône et de Lyon.
Démobilisé en 1946, Hubert Germain se lance en politique. Il est élu maire de Saint-Chéron, dans l’Essonne, un poste qu’il occupe pendant plus de dix ans.
Député et vice-président du groupe UDR à l’Assemblée nationale, ministre des PTT puis ministre chargé des relations avec le Parlement au sein du gouvernement de Pierre Messmer, Hubert Germain « mit la même ardeur à reconstruire la France d’après-guerre et à refonder la République qu’il avait mise à libérer son pays », note l’Elysée.
Il était membre du Conseil de l’Ordre de la Libération depuis décembre 2010. Par décret du 25 novembre 2020, il a été nommé chancelier d’honneur de l’Ordre de la Libération.
Emmanuel Macron présidera une cérémonie d’inhumation en son honneur le 11 novembre.
(Rédigé par Jean Terzian)
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