Washington refuse d’accorder un visa à Mahmoud Abbas pour l’Assemblée générale de l’Onu
NATIONS UNIES (Reuters) -Le département d’Etat américain a annoncé vendredi avoir refusé d’octroyer un visa au président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas ainsi qu’à 80 autres responsables palestiniens en prévision de l’Assemblée générale des Nations unies fin septembre à New York, où plusieurs pays dont la France ont promis de reconnaître un Etat palestinien.
« Il est dans l’intérêt de notre sécurité nationale de tenir l’Organisation de libération de la Palestine et l’Autorité palestinienne pour responsables de ne pas respecter leurs engagements et de compromettre les perspectives de paix », a-t-il dit dans un communiqué diffusé dans la journée, sans nommer les individus concernés.
Un responsable du département d’Etat a par la suite confirmé que Mahmoud Abbas était concerné par cette interdiction.
L’Autorité palestinienne s’est déclarée abasourdie par la décision de Washington et a jugé qu’elle enfreignait l’accord passé entre les Etats-Unis et les Nations unies sur le siège de l’Onu à New York.
Plusieurs pays européens ont dénoncé l’initiative américaine à leur arrivée à Copenhague pour une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne.
L’Assemblée générale des Nations unies ne peut pas faire l’objet de « restrictions d’accès », a déclaré à la presse le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot.
Son homologue espagnol, Jose Manuel Albares, a fustigé une décision « inacceptable », tandis que le ministre irlandais Simon Harris a appelé l’UE à la condamner « dans les termes les plus forts ».
Le porte-parole des Nations unies Stéphane Dujarric a dit espérer régler cette question avec l’administration américaine.
En 1988, les Etats-Unis avaient refusé d’octroyer un visa à Yasser Arafat. L’Assemblée générale de l’Onu s’était alors réunie à Genève au lieu de New York afin que le chef de l’OLP puisse s’exprimer à sa tribune.
(Ryan Patrick Jones à Toronto, Michelle Nichols à l’Onu, avec Ali Sawafta à Ramallah, Jean-Stéphane Brosse et Tangi Salaün pour la version française)
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