Le Mali dit rompre immédiatement ses liens diplomatiques avec l’Ukraine
BAMAKO (Reuters) -Le Mali a annoncé dimanche rompre avec effet immédiat ses liens diplomatiques avec l’Ukraine à la suite de commentaires d’un porte-parole des services ukrainiens du renseignement militaire (GUR) à propos d’affrontements dans le nord du pays fin juillet lors desquels des soldats maliens et des mercenaires du groupe paramilitaire russe Wagner ont été tués.
Les rebelles touaregs ont dit avoir tué au moins 84 mercenaires de Wagner et 47 soldats maliens à l’issue de plusieurs jours de combats intenses dans le nord du Mali, infligeant au groupe paramilitaire russe ce qui semble être ses plus lourdes pertes depuis son déploiement en 2022 dans le pays d’Afrique de l’Ouest pour aider la junte au pouvoir à Bamako dans la lutte contre les groupes rebelles.
D’après des commentaires rapportés sur le site internet du groupe audiovisuel ukrainien Suspilne lundi dernier, un porte-parole du GUR a déclaré que les rebelles maliens avaient reçu les informations « nécessaires » pour mener cette attaque, sans confirmer une quelconque implication de Kyiv.
Ces informations leur ont « permis de mener avec succès une opération militaire contre des Russes auteurs de crimes de guerre », a déclaré Andriy Yousov. « Nous n’allons pas entrer dans les détails pour le moment. Vous verrez des choses similaires à l’avenir ».
Le gouvernement malien a dit dimanche avoir appris « avec une profonde stupéfaction » ces commentaires « subversifs », ajoutant que le porte-parole ukrainien avait « admis » l’implication de Kyiv dans « une attaque lâche, perfide et barbare par des groupes terroristes armés qui a entraîné la mort de membres des forces de sécurité et de défense maliennes ».
« Les mesures prises par les autorités ukrainiennes portent atteinte à la souveraineté du Mali, vont au-delà du champ de l’ingérence étrangère, qui est déjà condamnable en elle-même, et elles constituent une agression flagrante du Mali et un soutien au terrorisme international », a ajouté Bamako.
Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a dit lundi regretter une décision « hâtive et à courte vue » des autorités maliennes, assurant que l’Ukraine n’était en rien impliquée dans les combats de juillet.
« L’Ukraine adhère sans réserve aux règles du droit international, à l’inviolabilité de la souveraineté et à l’intégrité territoriale des pays », peut-on lire dans un communiqué.
L’Ukraine se réserve le droit de prendre les mesures politiques et diplomatiques nécessaires en réponse à la décision de Bamako, précise le ministère.
(Tiemoko Diallo, avec Bogdan Kobuchey à Kyiv; version française Jean Terzian et Sophie Louet)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.



