Le BJP en tête de la course aux ressources avant le début des élections
par Shivangi Acharya et Tanvi Mehta
NEW DELHI (Reuters) – La campagne électorale s’intensifie en Inde, alors que le parti au pouvoir, le Bharatiya Janata Party (BJP), domine l’opposition dans les dépenses de publicité ou de transport.
Le vote débutera vendredi et se terminera le 4 juin, les sondages prévoyant que le premier ministre actuel, Narendra Modi, sera reconduit pour un troisième mandat consécutif avec une confortable avance.
Le Congrès, principal parti d’opposition, estime que l’élection sera plus serrée que ce que ne suggèrent les sondages, bien que le parti affirme aussi que le BJP cherche à l’étouffer financièrement.
Des ressources financières plus importantes offrent un véritable avantage et permettent de se démarquer au cours de l’élection, explique Ashok Lavasa, ancien commissaire électoral.
Le BJP a dépensé 8,6 milliards de roupies (96 millions d’euros) dans des publicités au cours de l’exercice 2022/2023, contre 767 millions de roupies seulement pour le Congrès, aux ressources plus limitées, selon des audits réalisés auprès des deux partis.
De même, le parti au pouvoir a dépensé environ 782 millions de roupies dans des voyages en hélicoptère et en avion l’an dernier, des dépenses nécessaires pour couvrir l’immense territoire du sous-continent. Ces chiffres excluent les déplacements de Narendra Modi, dont les dépenses sont gérées par le gouvernement.
Les dépenses du Congrès sur ce poste n’ont atteint que 214,4 millions de roupies, l’ancien chef du parti, Rahul Gandhi, se plaignant fin mars que les candidats du Congrès ne pouvaient « même pas s’acheter un billet de train ».
Le BJP dispose en effet d’un trésor de guerre constitué par le mécanisme d’obligations électorales, qui permettait aux entreprises de financer le parti de leur choix avant d’être supprimé par la Cour Suprême.
Le BJP a obtenu plus de la moitié des 120,1 milliards de roupies données aux partis par ce canal au cours de son existence.
(Reportage Shivangi Acharya et Tanvi Mehta, graphes Riddhima Talwani, version française Corentin Chappron, édité par Tangi Salaün)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.



