Le Bangladesh renforce la surveillance à sa frontière face aux expulsions arbitraires de l’Inde
DACCA, 26 mai (Reuters) – Les gardes-frontières bangladais ont renforcé leurs patrouilles et mènent des campagnes de sensibilisation le long de certaines portions de la frontière avec l’Inde en raison d’un nouveau contentieux entre Dacca et New Delhi lié à l’immigration clandestine.
Selon plusieurs groupes de défense des droits de l’homme, l’Inde a expulsé arbitrairement vers le Bangladesh plusieurs milliers de Bangladais ou « étrangers » qu’elle juge en situation irrégulière sur son territoire.
Les autorités bangladaises ont averti à plusieurs reprises que toute expulsion ou tout rapatriement devaient suivre les procédures bilatérales officielles et mis en garde contre les refoulements unilatéraux à sa frontière.
Le Bharatiya Janata Party (BJP), parti au pouvoir en Inde qui gouverne les États frontaliers du Tripura, du Bengale occidental et de l’Assam, a déclaré faire de la lutte contre l’immigration clandestine une priorité.
Le ministère indien des Affaires étrangères a déclaré en mai à des journalistes que New Delhi avait demandé au Bangladesh de vérifier la nationalité de plus de 2.860 personnes soupçonnées d’être bangladaises et de vivre illégalement dans le pays. Le ministère indien des Affaires étrangères n’a pas répondu mardi à une demande de commentaires.
Le Bangladesh et l’Inde partagent une frontière qui s’étend sur plus de 4.000 kilomètres, l’une des plus longues frontières terrestres au monde. L’État d’Assam, dans le nord-est de l’Inde, a depuis mai 2025 refoulé au Bangladesh des centaines de personnes parmi les 30.000 que les tribunaux ont déclarées étrangères.
Le 60e bataillon de la Garde frontalière du Bangladesh a lancé dimanche des campagnes dans les zones frontalières du district de Brahmanbaria, utilisant des haut-parleurs pour exhorter la population à rester vigilante face aux tentatives de refoulement via la frontière.
« Nous avons commencé à diffuser des messages dans les villages frontaliers pour sensibiliser les habitants et leur demander de rester vigilants face à tout passage illégal ou tentative d’introduction clandestine », a déclaré à Reuters le lieutenant-colonel S. M. Shariful Islam, commandant du bataillon.
« Nos patrouilles et notre surveillance ont été renforcées dans toutes les zones frontalières. Les opérations de renseignement se poursuivent également pour empêcher les passages forcés illégaux, la traite des êtres humains et la contrebande de drogues et d’autres marchandises », a-t-il ajouté.
(Par Ruma Paul à Dacca; Avec la contribution de Saurabh Sharma à New Delhi; Version Française Matthieu Huchet, édité par Sophie Louet)
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