La Russie dit maintenir ses exigences sur les exportations d’engrais
(Reuters) – La Russie a réaffirmé samedi son insistance à obtenir un accès sans entrave aux marchés mondiaux pour ses exportations de produits alimentaires et d’engrais, après ce qu’elle a qualifié d' »échange de vues approfondi » avec les responsables de l’Onu, la veille, à Genève.
Dans une déclaration, le ministère russe des affaires étrangères n’a pas abordé la question de savoir si Moscou était prêt à renouveler un accord, conclu en juillet et expirant le 19 novembre, qui a permis à l’Ukraine de reprendre ses exportations de céréales.
Selon les Nations unies, 10 millions de tonnes de céréales et d’autres denrées alimentaires ont été exportées d’Ukraine dans le cadre de cet accord, ce qui a évité une crise alimentaire mondiale.
Mais la Russie s’est plainte à plusieurs reprises que ses propres expéditions de céréales et d’engrais, bien qu’elles ne soient pas directement visées par les sanctions occidentales, soient de facto bloquées parce que ces sanctions réduisent l’accès des expéditeurs aux financements, aux assurances et aux ports.
Selon la déclaration de Moscou, les expéditions de céréales ukrainiennes et la « normalisation » des exportations agricoles russes font partie intégrante d’un ensemble unique de mesures visant à garantir la sécurité alimentaire mondiale.
Dans son compte rendu des discussions de vendredi, elle ajoute : « Il a été confirmé que seul le fait d’assurer un accès sans entrave des denrées alimentaires et des engrais russes aux marchés mondiaux permettrait de stabiliser fermement les prix et de garantir les futures récoltes. »
Selon un communiqué de l’Onu publié vendredi, les parti « restent engagés dans la mise en œuvre de l’initiative sur les céréales de la mer Noire et ont eu des discussions constructives sur sa poursuite ».
L’Ukraine, que la Russie a envahie le 24 février, a accusé Moscou de jouer aux « jeux de la faim » avec le monde. La Russie, dont les navires de guerre bloquaient l’accès aux ports ukrainiens jusqu’à l’entrée en vigueur de l’accord de juillet, nie avoir utilisé les céréales comme moyen de pression dans le conflit.
La Russie a brièvement suspendu sa participation à l’accord le 29 octobre après une attaque contre sa flotte de la mer Noire, mais elle l’a réintégrée quatre jours plus tard, dans un revirement du président Vladimir Poutine, après une médiation du président turc Tayyip Erdogan.
Cette semaine, Moscou a retiré ses troupes de la ville de Kherson, dans le sud de l’Ukraine, abandonnant ainsi la seule capitale régionale qu’elle avait prise depuis l’invasion de février.
(Reportage Reuters, version française Benjamin Mallet)
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