Hong Kong: Procès d’ampleur de contrevenants à la loi de sécurité nationale
par Jessie Pang et James Pomfret
HONG KONG (Reuters) – Seize personnalités pro-démocratie sont jugées à partir de ce lundi à Hong Kong, plus de deux ans après leur arrestation en vertu de la loi de sécurité nationale imposée par la Chine dans le territoire, une affaire que des observateurs considèrent majeure à l’égard de l’indépendance du système judiciaire local.
Les prévenus sont ceux ayant plaidé non coupable à la suite de leur arrestation, comme une trentaine d’autres activistes pro-démocratie, lors d’une intervention policière menée à l’aube en janvier 2021 pour des accusations de subversion pour leur participation à une élection non-officielle en 2020.
Parmi ces personnes, 13 ont été libérées sous caution en 2021, tandis que 34 autres – dont 10 ayant plaidé non coupable – ont été maintenues en détention dans l’attente du procès pour des motifs de sécurité nationale.
Nombre de détracteurs et des puissances occidentales accusent Hong Kong de bafouer les libertés avec une stricte loi de sécurité nationale imposée par Pékin en 2020 à la suite des vastes manifestations pro-démocratie survenues l’année précédente.
Pékin et Hong Kong ont rejeté ces accusations et présenté la loi comme le moyen de restaurer la stabilité dans le pôle financier mondial afin que celui-ci puisse prospérer.
Les procureurs accusent les prévenus d’avoir fomenté un « vicieux complot » contre le gouvernement et d’avoir cherché à provoquer la « destruction » dans la ville avec l’organisation d’une primaire destinée à choisir les meilleurs candidats pro-démocratie en vue des élections législatives.
« Ce procès n’est pas seulement le procès de 47 chefs de file de l’opposition, mais aussi le procès de la population ayant soutenu pendant des décennies le mouvement pro-démocratie », a commenté Eric Lai, membre du Centre Georgetown pour le droit asiatique, basé à Washington.
Il est attendu que le procès s’étende sur 90 jours. Les procureurs ont indiqué que trois prévenus allaient témoigner contre les autres.
Parmi ceux ayant plaidé non coupable figurent l’ancienne journaliste Gwyneth Ho, l’activiste Owen Chow, l’ancien parlementaire Leung Kwok-hung et la cheffe de file syndicaliste Winnie Yu.
Ceux ayant plaidé coupable, comme l’activiste Joshua Wong, seront fixés sur leurs peines à l’issue du procès.
Faisant fi des procédures habituelles, le secrétaire à la Justice, Paul Lam, a refusé la présence d’un jury. Le verdict sera rendu par trois juges de la Haute cour nommés dans le cadre de la loi de sécurité nationale.
(Reportage Jessie Pang et James Pomfret; version française Jean Terzian)
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