L’Europe finit sans direction, le nouveau blocage d’Ormuz fait grimper le pétrole
par Diana Mandia
13 juillet (Reuters) – Les Bourses européennes ont terminé en lundi sur de faibles variations, les investisseurs se montrant méfiants face à la nouvelle escalade des tensions au Moyen-Orient, qui s’est traduite par un nouveau blocage du détroit stratégique d’Ormuz et fait à nouveau grimper les prix du pétrole.
À Paris, le CAC 40 a gagné 0,31% à 8.364,65 points. À Francfort, le Dax a grappillé 0,08% et à Londres, le FTSE 100 a fini quasi stable (+0,01%).
L’indice EuroStoxx 50 a en revanche perdu 0,06%, le FTSEurofirst 300 0,04% et le Stoxx 600 0,06%.
Les craintes concernant l’approvisionnement en pétrole se sont intensifiées ces dernières heures sur fond de reprise des hostilités au Moyen-Orient, l’Iran ayant annoncé une nouvelle fermeture du détroit d’Ormuz, une mesure à laquelle le président américain Donald Trump a réagi lundi en réinstaurant un blocus des ports iraniens.
Le locataire de la Maison blanche, qui avait déclaré la semaine dernière que le protocole d’accord signé avec Téhéran en juin était « terminé », a également affirmé que Washington percevrait une redevance de 20% sur toutes les marchandises transitant par Ormuz.
La réintroduction des restrictions au transport d’hydrocarbures sur cette voie cruciale pour le commerce mondial inquiète les investisseurs, qui constatent que le protocole d’accord de juin est plus que jamais remis en cause et craignent que les prix du pétrole n’alimentent davantage l’inflation.
Signe des tensions croissantes, le nombre de pétroliers transitant par le détroit a chuté au cours de la dernière journée pour atteindre son plus bas niveau depuis deux mois, selon des données maritimes.
Le Brent, référence mondial du marché, gagne 4,26% à 79,25 dollars le baril au moment de la clôture des Bourses en Europe, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) avance de 4,31% à 74,49 dollars.
Le retour en force des craintes inflationnistes fait également grimper les rendements obligataires et le dollar avant que les investisseurs ne prennent connaissance, mardi, des chiffres de l’inflation américaine pour le mois de juin.
Si les économistes interrogés par Reuters tablent sur un ralentissement des prix, à l’image de ce qui s’est produit en Europe le mois dernier, ce soulagement pourrait ne pas durer longtemps si les tensions persistent au Moyen-Orient.
Au-delà de la géopolitique, les valeurs liées à l’intelligence artificielle (IA) restent sous pression à l’approche de la saison des résultats trimestriels, que les banques américaines ouvriront mardi, les valorisations élevées des fabricants de semi-conducteurs incitant les investisseurs à prendre leurs bénéfices.
VALEURS
Le secteur technologique a clôturé lundi en baisse (-0,48%), dans le sillage des valeurs asiatiques plus tôt dans la journée, une tendance qui s’est également confirmée à la Bourse de New York dans l’après-midi.
ASM International et ASML ont reculé d’environ 2% à Amsterdam et Infineon de près de 3% à Francfort.
Touchées par la hausse des prix du pétrole, les actions du secteur du voyage ont abandonné 1,13%, avec la compagnier aérienne Air France-KLM et l’opérateur hôtelier Accor cédant 3,3% et 1,9% respectivement à Paris.
La situation profite en revanche au secteur de l’énergie, qui a fini la séance sur un gain de 2,1%. À Paris, TotalEnergies a progressé de 2,9%.
Vodafone a avancé de 5,5% à Londres, prolongeant ainsi les gains de vendredi après que le milliardaire français Xavier Niel a annoncé son intention d’acquérir une participation dans le groupe de télécommunications auprès de la société émiratie e& EAND.AD.
A WALL STREET
A l’heure de la clôture en Europe, le Dow Jones cède 0,22%, le Standard & Poor’s 500 recule de 0,42% et le Nasdaq Composite abandonne 0,98%, pénalisés par les tensions autour du détroit d’Ormuz et par le recul du secteur des puces électroniques.
Le titre SK Hynix coté aux États-Unis recule de 8,4% après un gain de 14% vendredi à New York, lors de son entrée sur le marché américain, tandis que Micron perd 4,8% et Western Digital 5,7%.
L’indice Philadelphia SE Semiconductor perd 3,5% lundi et cède déjà environ 14% depuis son plus haut historique atteint fin juin.
« Les cours des actions (des fabricants de puces mémoire) ont connu une telle flambée qu’il y a manifestement une composante de prise de bénéfices, mais je ne pense pas que ce soit la fin de la tendance haussière », déclare toutefois Phil Blancato, président-directeur général de Ladenburg Thalmann Asset Management.
CHANGES
Le dollar gagne du terrain en raison des risques inflationnistes, qui font grimper les rendements de la dette souveraine améeicaine et pourraient conduire la Fed à adopter une politique plus restrictive cette année.
Le dollar gagne 0,19% face à un panier de devises de référence, tandis que l’euro cède 0,14% à 1,1397 dollar.
Au Japon, le yen ressort à 162,38 pour un dollar, reculant après ses gains de vendredi, alors que Reuters a rapporté que le Japon n’avait pas l’intention, dans l’immédiat, de modifier la répartition des actifs des fonds de retraite publics.
La ministre japonaise des Finances avait déclaré la semaine dernière que l’objectif du gouvernement était d’orienter les fonds de pension publics du pays vers une augmentation « substantielle » des investissements dans des actifs nationaux.
TAUX
Les rendements obligataires ont progressé lundi sur fond de tensions au Moyen-Orient.
Le rendement des Treasuries à dix ans gagne 2,9 points de base à 4,5975%, tandis que celui de l’obligation à deux ans prend 4,2 points de base à 4,2500%.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans a fini sur un gain de 3,7 points de base à 3,0712%, tandis que son homologue du titre à deux ans, le plus sensible aux anticipations sur les taux, a grimpé de 6,6 points de base à 2,7154%.
A SUIVRE LE 14 JUILLET : [L8N42U0P0]
Le président de la Fed, Kevin Warsh, doit comparaître mardi devant la commission des Services financiers de la Chambre des représentants.
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
1. Menace sur le pluralisme et la diversité des opinions : En France, une poignée de milliardaires ou de grands groupes industriels (actifs dans le luxe, l'armement, le BTP ou les télécommunications) détiennent l'immense majorité des quotidiens nationaux, des chaînes de télévision et des radios. Cette emprise réduit la variété des points de vue, appauvrit le débat public et favorise les conflits d'intérêts.
2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
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Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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