L’Ukraine dit infliger de lourdes pertes à la Russie dans le Donbass
Les autorités ukrainiennes ont reconnu vendredi subir de lourdes pertes dans le Donbass mais affirmé en infliger d’encore plus « colossales » à l’armée russe qui a fait de la prise de cette région de l’est de l’Ukraine sa priorité.
Après l’échec de son offensive initiale en direction de Kyiv, la Russie concentre ses efforts sur la conquête de l’ensemble des territoires des régions administratives de Donetsk et Louhansk, en parties contrôlées depuis 2014 par des séparatistes pro-russes.
L’Ukraine a reconnu la perte de quelques petites villes et villages proches des lignes de front depuis que la « bataille du Donbass » a commencé la semaine dernière, mais elle assure que la lente progression des forces russes se fait au prix de pertes déjà supérieures à celles qu’elles avaient subi en un mois de combats au nord de Kyiv.
« Nous subissons de lourdes pertes mais celles des Russes sont encore plus élevées. Elles sont colossales », a déclaré un conseiller de la présidence ukrainienne, Oleksi Arestovytch.
Pour les autorités de Kyiv, l’enjeu est de résister le plus longtemps possible pour permettre l’arrivée sur le front des armes lourdes promises ces derniers jours par les Occidentaux, notamment les Etats-Unis dont le président Joe Biden a demandé jeudi au Congrès de débloquer le montant sans précédent de 33 milliards de dollars, dont 20 milliards d’assistance militaire.
Face à l’accélération quantitative et qualitative de l’aide occidentale à l’Ukraine, Moscou a multiplié ces derniers jours les menaces de « guerre mondiale », voire d’une possible frappe nucléaire, tout en accentuant la pression sur les pays européens en coupant le gaz à la Pologne et à la Bulgarie.
UNE JOURNALISTE TUÉE À KYIV
La Russie a aussi reconnu avoir tiré jeudi deux missiles sur des bâtiments du centre de Kyiv à la fin d’un entretien entre le président ukrainien Volodimir Zelensky et le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, qui s’était auparavant rendu dans les villes de Borodyanka, Boutcha et Irpine, où il avait dénoncé des « crimes de guerre » russes.
Une journaliste ukrainienne, productrice de Radio Free Europe/Radio Liberty, a été tuée par l’explosion d’un des missiles qui a éventré les deux premiers étages de l’immeuble résidentiel dans lequel elle habitait, a annoncé vendredi son employeur basé à Prague, en République tchèque.
« La barbarie de la Russie est incompréhensible », a déclaré le porte-parole du ministère ukrainien des Affaires étrangères, Oleg Nikolenko, appelant les médias du monde entier à condamner « le meurtre de Vira Hyrych et de tous les autres Ukrainiens innocents ».
Le ministère russe de la Défense a affirmé de son côté avoir tiré des missiles à haute précision sur une usine de production spatiale.
« Kyiv demeure un endroit dangereux et elle est bien sûr toujours la cible des Russes. La capitale de l’Ukraine reste leur objectif et ils veulent occuper », a déclaré le maire de la ville, Vitali Klitschko, en inspectant les dégâts.
Selon la présidence ukrainienne, l’armée russe pilonne la ligne de front dans la région de Donetsk en utilisant tous les moyens à sa disposition: roquettes, artillerie, bombardements aériens.
Les services de renseignement britanniques ont fait état de violents combats autour des villes jumelles de Lisitchansk et Severodonetsk, dans la région de Louhansk, et d’une tentative de progression de l’armée russe vers le Sud à partir d’Izioum en direction de Sloviansk.
« En raison de la forte résistance ukrainienne, les gains territoriaux russes ont été limités et les forces russes ont subi des pertes importantes », selon le ministère britannique de la Défense.
« RESCAPÉS » DE L’ENFER À MARIOUPOL
A Marioupol, aucune solution humanitaire n’a encore été trouvée pour les centaines de civils réfugiés en compagnie d’un nombre indéterminé de combattants ukrainiens dans les sous-sols fortifiés de l’usine métallurgique d’Azovstal, dernier bastion de résistance ukrainien.
Antonio Guterres s’était dit prêt à aider à la recherche d’une solution avant que les missiles russes ne frappent Kyiv, et la présidence ukrainienne a évoqué une opération d’évacuation des civils vendredi, sans autre précision. Toutes les tentatives précédentes ont échoué.
Dans les ruines de la ville occupée par les forces russes, les secours ont commencé à collecter les cadavres et des habitants ont dit à Reuters l’horreur du siège et des bombardements incessants.
« On avait faim et les enfants pleuraient quand les Grad (lance-roquettes multiples russes) explosaient à côté de la maison », témoigne Viktoria Nikolaïeva, 54 ans, racontant avoir survécu avec sa famille en se réfugiant au sous-sol de sa maison. « On se disait, ça y est, c’est la fin. C’était indescriptible. »
« Ça a été un massacre », approuve Vitali Koudassov, 71 ans. « C’était terrifiant de voir les obus voler au-dessus de nos têtes. On ne peut pas survivre à un truc pareil. Et pourtant, on est là », constate-t-il.
Selon les autorités ukrainiennes, quelque 100.000 personnes vivraient encore dans la ville portuaire, soit environ un quart de sa population d’avant-guerre.
Une partie des habitants de Marioupol ont pu fuir vers l’Ukraine au fil des semaines, d’autres ont été conduits en Russie, souvent de force, Moscou les présentant comme des victimes des bombardements ukrainiens, notamment des « néonazis » du régiment Azov.
(Reportage de Natalia Zinets à Kyiv, avec la contribution de journalistes de Reuters à Marioupol sous occupation russe, version française Tangi Salaün, édité par Bertrand Boucey)
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