Espagne: Les routiers rejettent une aide gouvernementale, poursuivent leur grève
Les routiers espagnols ont annoncé vendredi la poursuite pour une durée « indéterminée » d’un mouvement de grève entamé il y a douze jours, après avoir rejeté un ensemble de mesures gouvernementales d’un montant total de 1 milliard d’euros pour les aider à faire face à la flambée des prix de l’essence.
Le gouvernement espagnol a proposé vendredi aux chauffeurs routiers des remises sur les carburants ainsi qu’une prime exceptionnelle afin de mettre fin à cette grève qui a entraîné des pénuries et obligé certaines entreprises à réduire leur production.
Mais la « Plate-forme pour la défense du transport », un groupe officieux de chauffeurs routiers à l’origine du mouvement de contestation qui a démarré le 14 mars, a rejeté ces mesures et commencé à bloquer l’avenir de la Castellana à Madrid.
« Malheureusement, nous continuons la grève », a déclaré Manuel Hernandez, leader du mouvement de contestation, vendredi soir à l’issue d’une rencontre avec la ministre des Transports Raquel Sanchez.
Manuel Hernandez a réclamé une aide immédiate, la ministre des Transports n’ayant selon lui promis que des aides sous la forme d’une loi dans les prochains mois, et des mesures transitoires en attendant.
Raquel Sanchez avait dans un premier temps refusé de discuter avec les grévistes, jugeant qu’ils n’étaient pas représentatifs de l’ensemble de la profession et qu’ils étaient liés à l’extrême droite. Certains grévistes portent des gilets jaunes comme lors du mouvement social apparu en France en 2018.
La grève a commencé le 14 mars lorsqu’un groupe de chauffeurs et de propriétaires de petits camions ont commencé à bloquer les routes et les ports en réponse à la hausse des prix du carburant, exacerbée par le conflit entre l’Ukraine et la Russie.
Trois associations de transport se sont jointes au mouvement après que le gouvernement a proposé lundi une aide de 500 millions d’euros que les chauffeurs ont vite jugé insuffisante.
Les chauffeurs de taxi ont cessé de travailler dans certaines parties du pays et les pêcheurs ont également temporairement arrêté le travail.
L’association professionnelle espagnole (CEOE) s’est plainte mercredi de la lenteur du gouvernement à agir par rapport à ses voisins français et portugais.
Les distributeurs ont appelé leurs clients au calme, soulignant que l’approvisionnement alimentaire était garanti malgré des pénuries sur certains produits.
(Reportage de Nathan Allen, Belen Carreno et Inti Landauro, version française Dina Kartit et Jean-Stéphane Brosse)
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