Cameroun/ Santé : la « bombe à retardement » vaccinale
Alors que le gouvernement n’a débloqué que 19 % des fonds alloués à la campagne de vaccination 2026, le pays fait face à une urgence sanitaire majeure. Près de 430 000 enfants sont aujourd’hui privés de protection vaccinale, laissant planer le spectre d’un retour d’épidémies évitables.
Une rupture de la chaîne de survie
Le diagnostic est sans appel. Le fossé abyssal entre le budget voté et la réalité des décaissements paralyse le Programme élargi de vaccination (PEV). Cette pénurie de moyens ne se limite pas à des chiffres comptables ; elle se traduit par une rupture de stocks critiques et une incapacité logistique à déployer les équipes sur le terrain.
Pour les experts, le risque est clair : la baisse de la couverture vaccinale crée des poches de vulnérabilité où des maladies comme la poliomyélite, la rougeole ou la diphtérie pourraient se propager massivement.
Le cri d’alarme des acteurs du secteur
La situation scandalise au sein même des institutions. Le député Engelbert Essomba Bengono, vice-président du Réseau des parlementaires pour la promotion du système de santé, ne mâche pas ses mots face à cet attentisme budgétaire :
« Nous sommes face à une situation où l’engagement politique ne rencontre pas l’exécution financière. Laisser nos enfants sans protection, c’est hypothéquer le capital humain de demain pour des raisons de simple trésorerie. C’est inacceptable. »
Vers une impasse financière ?
Le problème est structurel. Avec le retrait progressif des bailleurs internationaux, notamment Gavi, le Cameroun est sommé d’atteindre son autonomie financière. Or, le modèle actuel, dépendant des aléas de la trésorerie nationale, s’essouffle.
Face à cette « bombe à retardement », des voix s’élèvent pour exiger la sanctuarisation des ressources via un fonds souverain dédié, financé par des taxes sur les produits nocifs (tabac, alcool). En attendant une réforme législative hypothétique pour 2027, des centaines de milliers de familles camerounaises restent dans l’attente, exposées à une menace sanitaire qui aurait pu être anticipée.
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