Un agent du FSB et un couple d’agents secrets russes libérés dans le cadre de l’échange de prisonniers
MOSCOU/WASHINGTON/ANKARA (Reuters) – Le Kremlin a confirmé vendredi qu’un agent du FSB, le renseignement intérieur russe, et un couple d’agents secrets qui se faisaient passer pour des ressortissants argentins en Slovénie, figuraient au nombre des détenus libérés dans le cadre de l’échange de prisonniers entre la Russie et les Occidentaux.
Le porte-parole Dimitri Peskov a confirmé que Vadim Krassikov, libéré jeudi par l’Allemagne après avoir été condamné à la réclusion à perpétuité pour le meurtre à Berlin d’un ex-commandant séparatiste tchétchène, avait servi dans le groupe Alpha, l’unité des forces spéciales du FSB.
Vadim Krassikov a été le premier à descendre de l’avion qui le ramenait à Moscou, en provenance d’Ankara, et à saluer Vladimir Poutine, ce qui souligne son importance pour Moscou.
Les Doultsev, qu’un tribunal slovène avait condamnés pour espionnage, ont également été rapatriés avec leurs deux enfants, qui ont appris lors du vol de retour qu’ils étaient russes. Leurs parents, qui s’exprimaient en espagnol, se faisaient en effet passer pour des ressortissants argentins depuis des années.
Vladimir Poutine a accueilli les enfants, qui ne parlent pas russe, d’un « Buenas noches ».
Le plus important échange de prisonniers entre Washington et Moscou depuis la Guerre froide, négocié dans le secret depuis plus d’un an, a permis la libération de 24 prisonniers – 16 personnes ont été transférées de la Russie vers d’autres pays tandis que huit autres ont été envoyées en Russie.
L’accord a été coordonné par la Turquie et inclut aussi l’Allemagne, la Pologne, la Slovénie, la Norvège et la Biélorussie.
Des opposants à Vladimir Poutine ont été libérés dans le cadre de l’échange de prisonniers.
C’est le cas de Vladimir Kara-Mourza, de double nationalité russe et britannique, qui purgeait une peine de 25 ans de prison pour trahison. Le militant pour les droits de l’homme Oleg Orlov et le dissident russe Ilia Iachine ont aussi retrouvé la liberté.
DES PROCHES DE NAVALNY
Beaucoup d’entre eux avaient travaillé avec Alexeï Navalny, figure de l’opposition russe décédée en février dans des circonstances troubles dans la colonie pénitentiaire de l’arctique russe où il avait été transféré.
Avant sa mort, Alexeï Navalny était supposé faire partie de l’accord d’échanges de prisonniers.
L’Allemand Rico Krieger, qui avait été condamné à mort en Biélorussie sur des accusations de terrorisme, a été gracié par le président biélorusse Alexandre Loukachenko avant d’être libéré.
Le président américain Joe Biden et la vice-présidente Kamala Harris ont accueilli jeudi soir Evan Gershkovich, Paul Whelan ainsi que la journaliste russo-américaine Alsu Kurmasheva à leur descente de l’avion sur la base d’Andrews, dans le Maryland.
Cet échange constitue un succès pour l’administration Biden-Harris en pleine campagne pour l’élection présidentielle du 5 novembre, alors que Kamala Harris s’apprête à être investie comme candidate du Parti démocrate face au républicain Donald Trump.
L’accord ne fait pourtant pas l’unanimité.
« Je reste préoccupé par le fait que continuer à échanger des Américains innocents contre de véritables criminels russes détenus aux États-Unis et ailleurs envoie un message dangereux à Poutine, qui ne fait qu’encourager son régime à poursuivre ses prises d’otages », a déclaré Michael McCaul, président républicain de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants.
L’ancien président Donald Trump, qui a dit ne pas connaître les détails de l’échange, a demandé si « des assassins, des tueurs ou des voyous » avaient été libérés.
« Je suis juste curieux parce que nous ne faisons jamais de bonnes affaires, pour quoi que ce soit, mais surtout pour les échanges d’otages », a déclaré le candidat républicain à l’élection présidentielle sur les réseaux sociaux.
(Reportage Andrew Osborn, Dmitry Antonov à Moscou, Filipp Lebedev et Lucy Papachristou à Londres, Ece Toksabay à Istanbul, Mert Ozkan à Ankara, Trevor Hunicutt, Andrea Shalal et Kanishka Singh à Washington; rédigé par Andrew Osborn, Kevin Liffey, Patricia Zengerle, Cynthia Osterman et Stephen Coates; version française Jean Terzian et Blandine Hénault)
Le Journal Chrétien est un média indépendant financé par des chrétiens comme vous, en accès libre, sans subventions ni publicité. La générosité de la communauté chrétienne garantit notre indépendance.
Aujourd’hui, une poignée de chrétiens rendent possible une information indépendante accessible gratuitement à des millions de personnes sur nos sites, nos applications et notre chaîne de télévision chrétienne.
Chaque article, chaque émission, chaque reportage, chaque enquête existe uniquement grâce à votre générosité. C’est ce qui nous permet de répondre à l’immense soif spirituelle de nos contemporains et ce, avec une exigence de qualité journalistique reconnue, et de donner la parole à ceux qu’on n’entend jamais ailleurs.
Mais aujourd’hui, nous arrivons à un moment décisif. Partout, les médias indépendants sont fragilisés, attaqués, précarisés. Pendant que quelques grandes fortunes verrouillent toujours davantage le paysage médiatique, les médias chrétiens et tous ceux qui refusent de se soumettre sont maintenus sous pression permanente.
Le Journal Chrétien et sa chaîne Chrétiens TV, diffusée sur le canal 246 de la Freebox, n’échappent pas à cette réalité. Oui, nos médias chrétiens pourraient disparaître si nous ne parvenons pas à toucher de nouveaux donateurs dans les prochains mois.
Je soutiens le Journal Chrétien !
Au moment où les milliardaires étendent leur emprise sur l’information, nous pensons au contraire qu’il faut plus de travail de terrain, plus de reportages, plus d’enquêtes, plus de pluralisme, plus de médias chrétiens capables de résister aux pressions religieuses, politiques et économiques. C’est pour cela que nous lançons un appel à la communauté chrétienne.
La question est simple : voulons-nous laisser mourir les médias chrétiens et laisser la presse ainsi que la télévision aux mains des grands groupes privés ?
Si vous lisez les articles du Journal Chrétien, regardez nos émissions sur Chrétiens TV, partagez nos contenus dans les réseaux sociaux ou pensez qu’une autre voix doit continuer d’exister dans le débat public, alors c’est maintenant qu’il faut agir.



