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Les catastrophes naturelles pourraient coûter 5.600 milliards de dollars à l’économie mondiale d’ici 2050

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par Gloria Dickie

LONDRES (Reuters) – Les sécheresses, tempêtes et pluies torrentielles pourraient entraîner des pertes de l’ordre de 5.600 milliards de dollars pour l’économie mondiale d’ici à 2050, selon des données rendues publiques lundi.

Cette année, de fortes pluies ont provoqué des inondations dans plusieurs villes de Chine et de Corée du Sud et perturbé l’approvisionnement en eau et en électricité en Inde, tandis que la sécheresse a mis en péril les récoltes des agriculteurs en Europe.

De telles catastrophes coûtent à l’économie mondiale des centaines de milliards de dollars. Selon la base de données sur les événements d’urgence gérée par le Centre de recherche sur l’épidémiologie des désastres (CRED), à Bruxelles, les sécheresses extrêmes, inondations et tempêtes survenues en 2021 ont entraîné des pertes au niveau mondial de plus de 224 milliards de dollars.

Avec le changement climatique, ces coûts devraient monter en flèche, selon un rapport de la société de conseil en ingénierie et en environnement GHD.

Le manque ou l’excédent d’eau peut « être la force la plus destructrice qu’une communauté puisse connaître », a déclaré Don Holland, qui dirige le programme canadien du marché de l’eau de GHD.

GHD a évalué les risques liés à l’eau dans sept pays aux conditions économiques et climatiques différentes : les États-Unis, la Chine, le Canada, le Royaume-Uni, les Philippines, les Émirats Arabes Unis et l’Australie.

À l’aide de données mondiales provenant de compagnies d’assurances et d’études scientifiques sur la manière dont les catastrophes naturelles peuvent affecter les secteurs économiques, la société a estimé le montant des pertes auxquelles les pays sont confrontés en termes de coûts immédiats ainsi que pour l’économie globale.

Aux États-Unis, la plus grande économie du monde, les pertes pourraient s’élever à 3.700 milliards de dollars d’ici à 2050, le produit intérieur brut américain diminuant d’environ 0,5 % par an jusqu’à cette date. La Chine, deuxième économie mondiale, risque de subir des pertes cumulées d’environ 1.100 milliards de dollars d’ici le milieu du siècle.

Parmi les cinq secteurs d’activité les plus vitaux pour l’économie mondiale, l’industrie manufacturière et la distribution seraient les plus durement touchées par des catastrophes, de l’ordre de 4.200 milliards de dollars, la pénurie d’eau perturbant la production tandis que les tempêtes et les inondations détruisent les infrastructures et les stocks.

Le secteur agricole, vulnérable à la fois à la sécheresse et aux précipitations extrêmes, pourrait subir des pertes de 332 milliards de dollars d’ici à 2050. Les autres secteurs confrontés à des défis majeurs sont le commerce de détail, la banque et l’énergie.

Lors du Forum économique mondial qui s’est tenu à Davos, en Suisse, un groupe mondial d’experts a lancé une nouvelle commission de recherche dont l’objectif est de conseiller les responsables politiques en matière de gestion de l’eau.

Nous devons « transformer la façon dont nous gouvernons l’eau et le climat ensemble », a déclaré le coprésident de la commission, Tharman Shanmugaratnam. « Les coûts pour y parvenir ne sont pas insignifiants, mais ils sont dérisoires par rapport à ce qu’il en coûterait de laisser des conditions météorologiques extrêmes faire des ravages. »

(Reportage Gloria Dickie; Version française Tristan Chabba, édité par Sophie Louet)

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