L’électricité revient progressivement en Ukraine après les frappes russes
KYIV (Reuters) – L’électricité a été progressivement rétablie jeudi dans de nombreuses villes d’Ukraine, dont la capitale Kyiv, au lendemain d’intenses bombardements russes sur les infrastructures énergétiques du pays.
Alors que le conflit déclenché par l’invasion russe de l’Ukraine entre ce jeudi dans son 10e mois et qu’un froid hivernal s’est abattu sur le pays, un quart des logements restent privés d’électricité à Kyiv mais l’eau courante est revenue dans certains quartiers et sera rétablie ailleurs dans le courant de la journée, ont dit les autorités régionales.
Signe tangible d’amélioration de la situation par rapport à la veille, quand les autorités affirmaient que le courant était coupé dans toute la région de Kyiv, les transports publics fonctionnaient jeudi dans la capitale, les bus remplaçant toutefois les tramways pour économiser l’électricité.
« Persévérons, malgré tout », a dit l’administration militaire de la région de Kyiv dans un communiqué.
Kyiv a été l’une des cibles principales de la salve de missiles tirés mercredi par la Russie contre des infrastructures énergétiques ukrainiennes, qui a entraîné des coupures de courant dans de nombreuses régions.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a déclaré une nouvelle fois jeudi lors de son point de presse téléphonique quotidien que la Russie ne frappait que les cibles pertinentes d’un point de vue militaire, sans s’attaquer aux cibles « sociales ».
Le ministre ukrainien de l’Energie, German Galouchtchenko, a déclaré que trois centrales nucléaires débranchées du réseau en raison de ces attaques devraient être de nouveau raccordées dans le courant de la journée, ce qui devrait alléger les tensions sur l’approvisionnement électrique de l’ensemble du pays.
« La situation est difficile dans tout le pays », a-t-il dit dans une déclaration télévisée, ajoutant que le réseau électrique national était de nouveau « réunifié » après les dégâts provoqués par les frappes russes et que la production devrait progressivement augmenter dans la journée.
La température est tombée sous zéro degré Celsius au cours de la nuit à Kyiv, dont les rues sont couvertes de gel. Signe que l’hiver est désormais bien installé sur la capitale, qui comptait 2,8 millions d’habitants avant la guerre, la neige y est déjà tombée ces derniers jours.
PARIS DÉNONCE DES « CRIMES DE GUERRE »
Son maire, Vitali Klitschko, a déclaré que les ouvriers faisaient tout leur possible pour rétablir l’électricité « aussi rapidement que possible » mais que cela dépendrait en grande partie de l' »équilibre » global du réseau au niveau national.
Kirilo Timochenko, directeur adjoint de cabinet du président Volodimir Zelensky, a déclaré que le courant avait été rétabli dans les régions de Kirovohrad et Vinnytsia.
L’électricité est aussi revenue dans la région de Soumy, dans le nord de l’Ukraine, et 3.000 mineurs qui avaient été bloqués sous terre durant une panne de courant ont pu être ramenés à la surface dans le centre du pays, ont dit des responsables régionaux.
Au-delà des coupures de courant affectant la population ukrainienne, l’interruption de l’alimentation des centrales nucléaires à la suite des frappes russes a posé « un véritable risque de catastrophe nucléaire et radioactive », a prévenu Petro Kotine, le président de l’énergéticien public ukrainien Energoatom.
Après ces attaques, l’ensemble des réacteurs nucléaires du pays se sont retrouvés déconnectés du réseau au même moment pour la première fois depuis 40 ans, a-t-il souligné dans un communiqué.
Même lorsqu’ils sont à l’arrêt, les réacteurs nucléaires doivent être alimentés en électricité afin de permettre le fonctionnement des systèmes de refroidissement et de sécurité.
Lorsqu’elles ne sont plus alimentées par le réseau général, les centrales ukrainiennes ont recours à des groupes électrogènes de secours.
A Paris, la porte-parole du Quai d’Orsay a dénoncé ces bombardements ne poursuivant aucune cible militaire, qui « constituent à l’évidence des crimes de guerre ».
« Ce ciblage systématique de la population à l’approche de l’hiver traduit une volonté claire de la Russie de faire souffrir le peuple ukrainien, de le priver d’eau, de chauffage et d’électricité pour saper sa résilience », note la porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans une déclaration transmise à la presse.
(Reportage Tom Balmforth et Pavel Polityuk ; version française Bertrand Boucey et Myriam Rivet, édité par Blandine Hénault et Sophie Louet)
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