Le Congo et le Rwanda vont s’affronter pour la présidence de la Francophonie
par Clement Bonnerot
DAKAR, 15 mai (Reuters) – La République démocratique du Congo et le Rwanda se préparent à un affrontement diplomatique pour la présidence de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), les deux pays présentant des candidates rivales alors que les combats se poursuivent dans l’est du Congo.
La date limite pour le dépôt des candidatures au poste de secrétaire général de l’OIF, qui représente plus de 320 millions de francophones à travers le monde et regroupe 90 États et gouvernements, est fixée à vendredi.
Cette bataille diplomatique se déroule sur fond d’affrontements persistants entre la République démocratique du Congo et les rebelles de l’AFC/M23, soutenus par le Rwanda, qui ont pris le contrôle des villes de Goma et Bukavu, dans l’est du pays, au début de l’année 2025. Le Rwanda rejette les accusations portées par Kinshasa, les pays occidentaux et les experts de l’Onu, selon lesquelles il soutiendrait les insurgés.
Les efforts de médiation menés par les États-Unis, le Qatar et l’Union africaine n’ont pas réussi à mettre fin aux combats.
Le poste au sein de l’OIF revêt une importance diplomatique considérable, son mandat couvrant l’éducation, la politique culturelle, les droits de l’homme et la coopération économique.
La Rwandaise Louise Mushikiwabo, actuelle secrétaire générale, vise un troisième mandat. Elle est confrontée à la concurrence de la Congolaise Juliana Lumumba, ancienne ministre de la Culture et fille du leader de l’indépendance et premier Premier ministre du pays.
La Mauritanienne Coumba Bâ, conseillère présidentielle, et l’ancien Premier ministre roumain Dacian Cioloș sont également candidats.
LE CONGO EST LE PLUS GRAND PAYS FRANCOPHONE AU MONDE
Kinshasa a apporté un soutien diplomatique de poids à la candidature de Juliana Lumumba, annoncée fin février. La candidate s’est récemment rendue dans plusieurs pays africains ainsi qu’au Canada, deuxième contributeur financier de l’OIF.
Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a déclaré à Reuters que Kinshasa menait cette candidature « dans un esprit positif et constructif », soulignant le poids démographique, culturel et stratégique croissant de l’Afrique francophone.
Avec une population d’environ 100 millions d’habitants, le Congo est le plus grand pays francophone au monde.
« Il ne s’agit pas pour nous d’inscrire cette élection dans une logique de rivalité entre États ou de tensions bilatérales », a déclaré Patrick Muyaya. « L’OIF est une organisation multilatérale qui dépasse les différends politiques conjoncturels. »
Louise Mushikiwabo, ancienne ministre des Affaires étrangères du Rwanda élue en 2018 avec le soutien de la France et réélue en 2022, a présenté sa candidature comme un pari sur la continuité.
Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a déclaré à Reuters que la candidature de Louise Mushikiwabo reposait sur son bilan en matière de renforcement et de modernisation de l’OIF.
« Des tensions qui peuvent exister entre pays ne doivent pas s’exporter dans une organisation qui ne s’occupe pas de cette question », a déclaré Olivier Nduhungirehe.
L’OIF compte 53 membres ayant le droit de vote, cinq membres associés et 32 observateurs. Elle élira son nouveau président lors d’un sommet qui se tiendra à Phnom Penh, au Cambodge, les 15 et 16 novembre.
(Reportage Clement Bonnerot; Version française Rihab Latrache, édité par Augustin Turpin)
Campagne annuelle de financement 2026-2027 du Journal Chrétien
Le Journal Chrétien lance sa campagne de dons 2026-2027 pour financer sa plateforme de médias chrétiens visant à financer le site d'information Chretiens.com, l'application de ressources bibliques Bible.audio, et la chaîne de télévision chrétienne Chrétiens TV diffusée sur le canal 483 de Free en France. La concentration des médias aux mains d'un petit nombre d'acteurs économiques et de milliardaires représente une menace sur le pluralisme et l'indépendance de la presse.
Les dangers de la concentration des médias aux mains des milliardaires
A cause de la crise économique, de nombreux médias en difficulté financière ont été rachetés par des industriels puissants pour assurer leur survie. Les dangers de cette concentration des médias aux mains des milliardaires sont nombreux :
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2. Perte d'indépendance et autocensure des rédactions : Les journalistes risquent de subir des pressions directes ou indirectes de la part des actionnaires. De plus, les médias appartenant à des groupes industriels peuvent hésiter à enquêter de manière transparente sur les activités de leurs propres propriétaires ou de leurs partenaires économiques.
3. Uniformisation et baisse de la qualité de l'information : Pour des raisons de rentabilité, certains groupes privilégient des contenus à bas coût, comme des plateaux d'experts et des commentaires en continu, au détriment du travail d'investigation et de terrain.
Les églises évangéliques, une cible privilégiée des médias grand public
Le traitement des Églises évangéliques par les médias grand public suscite de vives tensions et est souvent perçu par les chrétiens et les instances représentatives comme un vecteur de stigmatisation ou de caricature.
Les critiques envers les médias traditionnels
1. Les amalgames et le sensationnalisme : Des reportages télévisés (comme celui d' Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » diffusé fin 2025) ont mis en lumière la vulnérabilité des églises évangéliques face à aux médias hostiles à ce courant du protestantisme.
Les institutions comme le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) et la Fédération Protestante de France (FPF) ont dénoncé des méthodes journalistiques contestables et des généralisations hâtives.
2. La méconnaissance du fait religieux : Les grands médias utilisent parfois un vocabulaire inadapté (confondant les pratiques, les rites ou la structure des petites églises locales avec de grandes mega-churches ou des mouvements ultra-minoritaires).
3. Le sentiment de rejet : Pour la majorité des communautés évangéliques, qui sont modestes et ancrées dans le bénévolat, ces portraits médiatiques renvoient une image de « monstres » ou de sectarisme éloignée de leur réalité quotidienne.
Le piège de l’uniformisation de l'information
L’uniformisation de l'information constitue un obstacle à un débat citoyen éclairé sur des sujets de société susceptibles d’intéresser la communauté chrétienne tels que :
1. l’éthique de la vie et de la famille (avortement et fin de vie, sexualité et genre, la place de la famille);
2. l’engagement citoyen et le vivre ensemble (participation civique, action caritative et humanitaire);
3. la sauvegarde de la Création (Ecologie) et l’éco-théologie qui invite les chrétiens à repenser leur style de vie et à agir pour la protection de l'environnement, perçue comme un mandat biblique de « gestion » de la Création confiée par Dieu;
4. les dérives et controverses médiatiques :
- Les dérives sectaires et l'emprise mentale : Les médias séculiers estiment que l’expansion rapide de nouvelles structures de type « méga-églises » suscite l'attention des autorités (comme la Miviludes en France) face aux risques d'emprise psychologique, de pressions financières (la dîme) ou d'abus spirituels.
- Les influences politiques : Certains reportages et enquêtes (notamment menés par des émissions comme Envoyé spécial) interrogent également les liens discrets qui existeraient entre des courants évangéliques radicaux et la sphère politique, y compris l'extrême droite.
Agissez avec notre plateforme de médias chrétiens !
Les instances protestantes et la communauté chrétienne ont vivement réagi contre les amalgames présentés à l'antenne à la suite de la diffusion du numéro d’Envoyé spécial intitulé « Évangéliques : un succès pas si angélique ? » sur France 2 fin septembre 2025. Il a été reproché à l'émission des méthodes journalistiques qualifiées de contestables : montage à charge, questions orientées et absence d'experts nuancés.
Le reportage est accusé de réduire à des caricatures sectaires ou mercantiles la réalité des églises évangéliques et de généraliser des pratiques observées seulement dans certaines méga-églises.
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