La Russie admet que l’armée ukrainienne progresse rapidement près de Kharkiv
par Max Hunder et Tom Balmforth
KYIV (Reuters) – L’armée ukrainienne poursuit sa reconquête de territoires occupés par la Russie dans la région de Kharkiv à la faveur d’une progression « très nette et très rapide », a reconnu vendredi un responsable prorusse.
Après avoir gardé le silence pendant une journée, après les premières annonces de percée ukrainienne, Moscou a finalement reconnu que ses défenses avaient été enfoncées sur une partie de la ligne de front au sud-est de la deuxième plus grande ville d’Ukraine.
« Nous ralentissons l’ennemi autant que possible mais plusieurs villages sont déjà passés sous le contrôle des forces armées ukrainiennes », a déclaré Vitali Gantchev, chef de l’administration prorusse dans la partie de la région de Kharkiv contrôlée par Moscou.
Dans sa rituelle allocution télévisée du soir, le président ukrainien Volodimir Zelensky a affirmé que l’armée ukrainienne avait libéré une trentaine de villages en quelques jours dans la région de Kharkiv, et qu’elle poursuivait aussi ses contre-offensives dans le Donbass et dans la région de Kherson.
« Notre armée, nos unités de renseignement et nos services de sécurité mènent des opérations actives dans plusieurs zones opérationnelles. Ils le font avec succès », a-t-il déclaré.
Vitali Gantchev a indiqué que les forces prorusses tentaient d’évacuer les civils qui veulent fuir l’avancée ukrainienne, y compris de la ville d’Izioum, noeud logistique stratégique pour l’offensive russe dans le Donbass.
Un conseiller de Volodimir Zelensky, Oleksiy Arestovytch, a affirmé dans une vidéo diffusée sur YouTube que les troupes russes basées à Izioum étaient pratiquement isolées, ce qui constituerait un sévère revers pour Moscou.
Des centaines de soldats russes ont été tués depuis que la ligne de front a été enfoncée cette semaine et des centaines d’autres ont été faits prisonniers, a-t-il dit, sans qu’il soit possible de vérifier ces informations, comme celles fournies par les Russes, aucun journaliste indépendant ne pouvant se déplacer librement dans la région.
MOSCOU DIT ENVOYER DES RENFORTS
Après l’avoir négligée pour renforcer le front Sud, la Russie a annoncé avoir envoyé des renforts dans la région de Kharkiv et le ministère de la Défense a diffusé une vidéo de véhicules militaires se déplaçant à grande vitesse sur une autoroute, sans que l’on puisse dire dans quelle direction.
Les autorités ukrainiennes ont de leur côté diffusé des vidéos de soldats brandissant le drapeau national devant des panneaux signalétiques dans plus villes et villages jusqu’alors contrôlés par les forces russes.
L’une d’elle montre des soldats passant devant un panneau autoroutier souhaitant la bienvenue à Koupiansk, une ville qui était encore située il y a 72 heures à une cinquantaine de kilomètres de la ligne de front.
Selon les experts occidentaux, la reconquête par l’armée ukrainienne de ce noeud ferroviaire couperait d’importantes lignes d’approvisionnement entre la Russie et le Donbass et fragiliserait tout le dispositif russe dans la région, des milliers de soldats risquant de se retrouver encerclés dans le secteur d’Izioum.
L’armée ukrainienne n’avait pas enregistré de progression aussi rapide depuis que les troupes russes ont renoncé à prendre Kyiv en mars et se sont retirées précipitamment en direction de la frontière.
« Nous voyons que les Ukrainiens enregistrent des succès à Kherson, nous en voyons maintenant à Kharkiv, c’est très, très encourageant », a commenté le secrétaire à la Défense américain, Lloyd Austin, pendant une conférence de presse à Prague.
L’état-major de l’armée ukrainienne a déclaré vendredi que les troupes russes tentaient d’emporter dans leur retraite à l’est de Kharkiv leurs blessés et l’équipement militaire endommagé.
L’armée russe n’en continue pas moins de bombarder la deuxième ville d’Ukraine, où dix personnes, dont trois enfants, ont été blessées vendredi par des tirs de roquettes, a déclaré le gouverneur Oleh Synehoubov.
Un hôpital a aussi été touché dans la région de Soumy, selon les autorités locales.
(Version française Tangi Salaün)
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