Gaza-Israël n’a pas envoyé de négociateur aux pourparlers du Caire-média
par Nidal al-Mughrabi et Bassam Masoud
LE CAIRE (Reuters) -Israël n’a pas envoyé de négociateur au Caire, où ont débuté dimanche des pourparlers cruciaux sur un cessez-le-feu dans le bande de Gaza, alors que le Hamas a refusé de transmettre une liste recensant les otages vivants.
Une délégation du Hamas est arrivée au Caire afin de participer aux négociations qui visent une cessez-le-feu de six semaines, mais aucun représentant d’Israël n’était présent dans la soirée.
« Il n’y a pas de délégation israélienne au Caire », a rapporté le média en ligne Ynet, citant des responsables israéliens non identifiés. « Le Hamas refuse de fournir des réponses claires et il n’y a donc aucune raison d’envoyer une délégation israélienne. »
Washington a indiqué qu’un accord de cessez-le-feu était déjà « sur la table », approuvé par Israël, et qu’il n’attendait plus que la signature du Hamas. Mais les belligérants n’ont donné que peu d’informations sur l’état d’avancement des négociations.
Après l’arrivée de la délégation du Hamas, un responsable palestinien a déclaré à Reuters que l’accord n’était « pas encore conclu ». Du côté israélien, il n’y a eu de déclaration officielle.
Une source informée des pourparlers a déclaré qu’Israël pourrait se tenir à l’écart des négociations au Caire à moins que le Hamas ne présente d’abord une liste complète des otages encore en vie, une demande jusqu’à présent rejetée et jugée comme prématurée par le mouvement palestinien, selon une source palestinienne.
« La voie vers un cessez-le-feu à l’heure actuelle est simple. Et il y a un accord sur la table. Il y a un accord-cadre », a toutefois déclaré à la presse un responsable américain.
ATTENTE D’UN ACCORD
Un accord s’inscrirait dans le prolongement de la première trêve d’une semaine décidée en novembre alors que la guerre fait rage depuis cinq mois. Des dizaines d’otages détenus par le Hamas seraient libérés en échange de centaines de prisonniers palestiniens.
Les conditions d’aide humanitaire dans la bande de Gaza assiégée seraient améliorées, ce qui permettrait de sauver la vie de Palestiniens menacés par la famine. Les combats cesseraient à temps pour empêcher un assaut israélien massif prévu sur Rafah, où plus de la moitié des 2,3 millions d’habitants de Gaza sont confinés. Les forces israéliennes se retireraient de certaines zones et permettraient aux habitants de Gaza de retourner dans les logements abandonnés au début de la guerre.
L’accord ne répondrait toutefois pas à la principale exigence du Hamas, à savoir une fin permanente de la guerre, et laisserait en suspens le sort de plus de la moitié de la centaine d’otages restants, dont des Israéliens en âge de combattre qui ne figurent pas dans l’accord de libération qui concerne uniquement les femmes, les enfants, les personnes âgées et les blessés.
Les médiateurs égyptiens ont suggéré que ces questions soient mises de côté pour l’instant, avec l’assurance qu’elles seraient résolues à un stade ultérieur. Une source du Hamas a déclaré à Reuters que les responsables du Hamas attendaient toujours un « accord global ».
Le président américain Joe Biden a déclaré la semaine dernière qu’un accord pourrait être conclu dès lundi, même si Washington a depuis lors renoncé à un calendrier aussi ferme. L’objectif est de le mettre en place à temps pour que les combats cessent pendant le mois sacré du Ramadan, qui commence dans une semaine.
Parmi les autres initiatives diplomatiques, un membre du cabinet de guerre israélien, Benny Ganz, doit rencontrer le secrétaire d’État américain Antony Blinken à Washington mardi, tandis que l’envoyé américain Amos Hochstein se rendra à Beyrouth lundi afin de poursuivre les efforts de désescalade du conflit à la frontière israélo-libanaise.
(Reportage Nidal Al Mugrabi au Caire, Bassam Masoud à Rafah, Ari Rabinovitch à Jerusalem, avec la contribution de Jana Choukeir et Adam Makary; rédigé par Peter Graff; version française Claude Chendjou et Kate Entringer)
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